Paul Dubourdieu était un producteur d’Armagnac de la Ténarèze connu pour ses méthodes pour le moins atypiques. Là où la plupart des domaines faisaient vieillir leurs eaux-de-vie à l’abri dans des chais fermés, lui laissait ses fûts en extérieur, exposés au vent, aux variations de température et aux intempéries. Selon lui, ce vieillissement en plein air apportait davantage de caractère et de qualité à ses Armagnacs. Fidèle à une approche très naturelle, il se contentait d’un simple complément du même millésime, sans réduction ni ajout d’aucun additif.
Le domaine a aujourd’hui disparu, mais son fils Bernard a poursuivi quelque temps la commercialisation des Armagnacs à travers trois comptes d’âge. En parallèle de la vigne et de l’élevage, l’exploitation produisait également des pruneaux. En 1995, un surplus de production fut ainsi fermenté puis distillé avant d’être placé en vieillissement dans des fûts de chêne. Après une vingtaine d’années, le stock fut transféré dans une cuve en inox afin de stopper son évolution.
Aujourd’hui retraité, Bernard a néanmoins conservé quelques précieux témoins de cette époque. La rencontre avec lui a permis de découvrir ses trois Armagnacs, dont un superbe Hors d’Âge de 18 ans qui sera bientôt proposé, mais également cette très vieille eau-de-vie de prune. Face à une telle qualité, difficile de rester raisonnable: quelques bouteilles ont finalement pu être acquises par Authentic Spirits afin de pouvoir les partager aujourd’hui.

Nez
Très fruité, forcément me direz-vous mais après 20 ans, ce n’est probablement pas si automatique. La prune, les pruneaux gorgés de soleil, des notes très confites, caramélisées voire allant même jusqu’au sirop de pêche ou autres fruits à chair jaune.
Le miel et la massepain cru viennent ensuite avec quelques notes légèrement plus tropicales où l’on pourra retrouver une vanille bien bien grasse qui accompagne à merveille cette concentration fruitée.
Impressionnant et bien gourmand…
Bouche
Riche, huileuse et gourmande, cette entrée en bouche se fait sous le signe de la prune, du miel, du caramel, du sirop de fruits légèrement tropical et d’une très belle pointe acidulée qui vient rafraichir l’ensemble.
On évite ainsi de tomber dans quelque chose qui aurait probablement bien pu devenir un Chouïa too much… ici, c’est assez équilibré, avec une belle dose de peps, une belle minéralité suivie de quelques notes d’amandes douce et de chocolat au lait. Les 44% sont assez bien fondus à l’ensemble, mais en aucun cas trop plat, c’est très bien ficelé cette histoire 🙂
Prix
107€
Conclusion
Très belle découverte que cette vieille prune de 20 ans d’âge, qui a su garder tout son fruité, son peps et un brin de folie… top !
Score
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