En 2024, lors d’un passage en Charente, notre copain Sebastian Jäger, à l’occasion des 50 ans de Kirsch Import, s’est retrouvé face à deux fûts chez François Voyer. D’un côté, un millésime 1977, profond, marqué par le temps, le rancio et cette étonnante sensation cireuse que l’on retrouve parfois dans les très vieux whiskies. De l’autre, un 1979 plus frais, porté par les fruits exotiques. Deux personnalités bien différentes, mais qui semblaient finalement avoir quelque chose à se dire.
Plutôt que de choisir, les deux eaux-de-vie ont été réunies, parce que choisir, c’est renoncer paraitrait-il. Deux tiers de 1977 pour la profondeur, un tiers de 1979 pour apporter fraîcheur et fruit. Un assemblage singulier qui donnera naissance à seulement 90 bouteilles, destinées au marché allemand.
Derrière ce Cognac, on retrouve également le terroir de Villars, près d’Echallat, en Grande Champagne, et le savoir-faire de François Voyer. Pas de réduction ici : les 49 % affichés sur la bouteille correspondent à la force naturelle à laquelle ces eaux-de-vie sont arrivées après plus de quatre décennies passées tranquillement en fût.
Un Cognac qui appartient à la série Ancestral de la maison et qui, au-delà de son âge respectable, semble surtout avoir trouvé un bel équilibre entre puissance, maturité et fraîcheur… dixit Sebastian 🙂
Et comme je suis un petit chanceux, j’ai reçu un échantillon pour « voir si c’est bon« … 🙂

Nez
Assez bien de fruits compotés comme les abricots, pêches blanches, raisins secs accompagnés de quelques notes plus tropicales avec la mangue entre autres. Le tout avec une belle cire d’abeille, un fin caramel sur un boisé présent mais incroyablement intégré à l’ensemble.
C’est un Cognac particulièrement élégant, parfumé et gourmand… clairement le genre de bouteille qui donne immédiatement envie de ne pas attendre et de plonger dans le verre. Mais après presque 50 ans, on peut se permettre de prendre son temps. Il le faut même, ne fût-ce que par respect pour ce que cette eau-de-vie a traversé..bon sang !
Avec le temps, une fraîcheur mentholée s’échappe de ces parfums pâtinés, gouachés et très fruités où le miel se retrouve accompagné par quelques épices fines et autre fleurs sechées. Top !
Bouche
Entrée en bouche relativement fruitée avec la même corbeille de fruits découverts au nez, accompagné de notes de miel, caramel et de pas mal d’agrumes comme les oranges et autres pamplemousses légèrement amères.
Etrangement, j’y trouve un léger côté « aqueux », je m’attendais à quelque chose de plus profond, de plus concentré et gras… les arômes sont bien présents, et très bons, mais une sensation très « aérienne » s’invite.
Mais cela reste bien entendu quelque chose de très bien… juste un petit étonnement lors de la dégustation.
Prix
349€
Conclusion
Très chouette vieille Grande Champagne… un poil « légère » en bouche peut-être, une plus grande concentration lui aurait fait exploser les scores 🙂 Mais au final, le plaisir est là et bien là, c’est le principal.
Score
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