Tomber nez à nez avec un vieux sample qui traine dans un coin de sa pièce à brols est toujours quelque chose qui peut s’avérer très agréable… et c’est exactement ce qui est arrivé en rangeant quelques gueuzes tout à l’heure (mon nouvel amour, on en reparla plus tard). Et quelle ne fut pas ma surprise que de retomber sur un sample du Caroni 1998/2014 full proof rempli au 2/3 !

Je me souviens d’un rhum qui ne m’avait pas spécialement plus emballé que cela lors de mon premier contact avec ce sample de l’époque, mais j’avais quand même envie de m’y replonger, l’oxydation étant toujours le meilleur ami des Caroni, les quelques années d’oubli auront probablement modifié le profil assez sale de ce dernier.

Mais remettons nous légèrement dans le contexte de l’époque où cette bouteille est sortie, nous sommes donc en 2014 et seulement quelques geeks s’intéressent aux Caroni. Principalement en Italie, France, Belgique et Allemagne.

Je me souviens avoir vu longtemps cette quille sur les étagères de mon caviste sans que personne ne s’excite plus que cela… Je vous le dis, c’était une autre époque par rapport à maintenant où ça ne ressemble plus à rien 🙂

C’était aussi la première fois que Velier proposait un millésime 1998, avec une version High Proof (le no smocking) et cette version Full titrant un épais 64.5%

Cette version est donc un assemblage de rhums distillés chez Caroni et vieillis intégralement sous les tropiques durant 16 ans. 2750 bouteilles ont été produite, au degré de 64.5% d’alcool donc. Le prix de l’époque devait être aux alentours de 130€, avec en plus le luxe de pouvoir réfléchir/économiser quelques mois avant d’y aller.

Nez

Beau nez sur un chocolat caramélisé, du mocha, quelques traces bien sales qui nous rappellent le garage de papa (ou maman hein, nous sommes en novembre 2021 et je ne veux plus choquer personne).

Évidemment, le boisé n’est pas en reste et déboule avec son lot d’épices, de tabac et de réglisse sans être un vulgaire jus de bois.

Derrière cela, on y retrouve de belles notes plus fruitées avec l’orange sanguine, une pointe d’ananas rôti, de la banane mûre et des fruits à chaire jaune.

Le profil est assez gras, beurré, brioché. L’alcool est plutôt bien intégré, les 64% sont assez discrets.

Bouche

La bouche est vive, ça reste tout de même un alcool assez haut en degrés mais ce n’est pas l’explosion redoutée non plus.

Le bois ressort évidemment avec les épices et le tabac, s’en suit la côté plus crade des caroni avec le goudron, les huiles de garage, le caoutchouc et le caramel brûlé.

À la deuxième bouche, c’est déjà plus calme et le tout gagne en rondeur et gourmandise. Les fruits sont plus présents et assez exotiques avec une pointe d’acidité des agrumes, le tout sur un beau chocolaté.

La finale est bien entendu assez soutenue sur des notes vanillées, fumées, réglissées et gourmandes…

Prix

130€ …. en 2014, là c’est devenu un brin plus compliqué comme vous pouvez vous en douter.

Conclusion

Que dire? Que ce rhum est vraiment une très belle re découverte et confirme donc que l’oxydation est vraiment un allié de poids pour pas mal de Caroni.

Bon pour certains, cette oxydation devra probalement atteindre quelques années mais pour celui ci ça marche nickel !

Donc oui, c’est très glouglou 🙂

Note

89.5/100

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