Quand on parle d’Armagnac, certains cépages reviennent régulièrement, à commencer par l’Ugni Blanc, le Baco ou encore la Folle Blanche. Mais il existe aussi des variétés beaucoup plus confidentielles, presque oubliées et pourtant toujours dans le cahier des charges de l’AOC, qui témoignent de la richesse du vignoble gascon. C’est le cas du Plant de Graisse, un cépage blanc aujourd’hui particulièrement rare, mais qui fait partie de l’histoire de l’Armagnac.
Le Plant de Graisse est un ancien cépage du Sud-Ouest de la France, cultivé depuis longtemps dans la région de Gascogne. Comme beaucoup de variétés traditionnelles, il a progressivement perdu du terrain au fil des années au profit de cépages plus productifs ou plus faciles à cultiver. Il est ainsi devenu plutôt discret dans les vignes, au point d’être aujourd’hui considéré comme une véritable curiosité lorsqu’on en croise encore quelques pieds.
Et pourtant, quelques producteurs continuent de faire vivre cette vieille variété. C’est justement ce qui rend les Armagnacs élaborés à partir de Plant de Graisse particulièrement intéressants à découvrir. Alors, forcément, lorsqu’une bouteille issue de ce cépage arrive entre mes mains, la curiosité est immédiatement au rendez-vous.
En plus, quand ça vient de chez Ladevèze, on se dit que ça devrait plus que probablement être une belle réussite tant nous aimons ce domaine ici à la rédaction du blog. Même si d’autres domaines gèrent aussi très bien ce cépage, comme Tariquet ou Aurensan par exemple, mon premier contact avec ce dernier remonte à la mise en bouteille d’un millésime 2004 pour Row Spirits, et bon sang que c’était bon !
Cap donc sur cet armagnac distillé par Patrick Michalouski à partir de vignes bio d’Alexandre Ladevèze et vieilli durant 11 ans dans la barique 146 des chais du domaine, à Montréal en Gascogne, et embouteillé à 56.6% d’alcool.

Nez
Nez assez charmeur avec un beau boisé noble et légèrement laqué, on se retrouve ensuite avec pas mal de notes fruitées comme les agrumes dont l’orange sanguine, le pamplemousse rose, le citron pour ensuite revenir sur le léger caramel et quelques notes plus torréfiées mêlées à des notes de cigares
Avec le temps, des abricots frais et du raisin arrivent, porté par quelques notes plus résineuse, herbacées et légèrement fumées. Le tout accompagné de quelques épices dont la muscade, la vanille, la pointe de silex et un soupçon de réglisse.
Pas mal, ça me fait un peu penser au « Les 10 » d’Aurensan justement, avec ce côté légèrement marc.
Bouche
Assez concentré, on retrouve un beau côté bien plaquant évoquant le caramel et le boisé sans que cela ne soit trop marqué car les fruits sont bien encore de la partie avec pas mal d’agrumes et ces abricots légèrement cuit accompagnés de raisins secs gorgés de soleil.
Le boisé se veut torréfié, gourmand, avec de belles notes de vernis et laqué où l’on retrouve quelques fruits à coque, de la réglisse et un caramel bien plaquant qui englobe le tout dans une belle gourmandise.
L’alcool est assez robuste, sans pour autant être déséquilibré mais je ne pense pas partager cette belle bouteille avec un pote qui n’a pas trop l’habitude des spiritueux brut de fût. Mais moi ça me convient totalement.
Prix
109€
Conclusion
Très bel embouteillage d’un « jeune » Ladevèze. Malheureusement, ce domaine étant assez petit, travaillant en bio et cultivant des cépages oubliés et nettement moins « productifs », cela se répercute forcément sur le prix. Mais ne comptez pas le nombre d’années, et partez du principe que c’est la qualité et le travail qui justifie cela.
Score
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