Le Barreur 2026

Hormis le fais que « Le Passeur » soit devenu « Le barreur », rien ne change pour notre ami Romain qui continue son petit bonhomme de chemin à la découverte des domaines d’armagnac. Après plusiers sélections plutôt sympas, dont un 1979 du domaine La Poste vraiment excellent, le voici maintenant avec deux nouveautés de chez Castex et Pébérère!

Le château de Castex d’Armagnac appartient depuis de nombreuses générations à la famille St-Pastou. Aujourd’hui dirigée par Guy, architecte d’intérieur et voyageur, la propriété compte 8 hectares de Baco. L’Armagnac y est distillé dans un ancien alambic SIER du XIXᵉ siècle, puis élevé lentement en barriques. Le terroir sableux et une distillation douce à 54° donnent des Armagnacs réputés pour leur souplesse, leur douceur et leur gourmandise.

Situé entre Condom et Fourcès, le Domaine de Pébérère appartient à la famille Faget depuis 1820. Ses 55 hectares de vignes, implantés en Ténarèze sur des sols argilo-calcaires, produisent des Côtes de Gascogne ainsi que des Armagnacs élaborés notamment à partir d’Ugni-Blanc et de Baco.

Après 45 ans à la tête du domaine, François Faget a récemment transmis la gestion des vignes tout en continuant à veiller sur sa cave et ses vieux Armagnacs. La distillation est réalisée sur place, en une seule passe, à un degré particulièrement élevé de 58 à 59 %, avant un vieillissement en fûts dans une chai soumis naturellement aux variations des saisons.

Ce millésime 1952 issu de vignes Ugni Blanc, placé en dame-jeanne depuis plus de dix ans titre encore 42.3% d’alcool malgré 65 ans passé en fût !

Nez

Nez tout en douceur avec des beaux arômes torréfié, de choclat noir intense, de fruits à coque mais aérés par un chouette voile acidulé et fruité. On va retrouver pas mal de fruits rouges associés aux abricots et autre pruneaux sur un lit bien caramélisé.

Ensuite, du menthol et un retour sur quelque chose de plus sombre avec la noix, le cuir, de la cire de bougie. 65 ans en fût et toujours autant de peps, de fruité et de complexité, pas mal pour un vieux briscard pareil… là où on pouvait craindre un spiritueux éteint, nous sommes face à quelque chose de vraiment complexe,élégant et incroyablement gourmand.

Bluffant !

Bouche

Entrée en bouche crémeuse sur un côté bien brioché, beurré pour ensuite nous donner un beau caramel aux éclat des fruits à coque et d’abricots confits ainsi qu’une belle dose d’agrumes comme l’orange ou encore le pamplemousse rose légèrement amer…

Ensuite, la peau de noix, la noisette verte, le chocolat qui apportent un côté plus rustique alors que le nez semblait plus frais. On est sur un spiritueux de toute grande classe, assurément avec une longueur profonde et sombre ainsi qu’un alcool parfaitement intégré à l’ensemble.

Enfin, en retro olfaction, une belle acidité des agrumes qui revient et donne un petit coup de peps… top !

Prix

930€

Conclusion

Bon, 65 ans en fût, ça a forcément son prix… mais avouons qu’on ne risque pas de trouver pareil équivalent dans les monde du whisky, rhum ou encore cognac. Alors bien entendu, l’âge ne veut pas dire charrette niveau qualité mais il doit bien à un moment se répercuter sur le prix.

Ici, j’ai beaucoup aimé le nez très frais et évolutif avec une bouche légèrement plus classique de ce qu’on peut attendre d’un vieux spiritueux, mais toujours aussi qualitatif.

Score

Ce 2012 a une petite histoire bien à lui. Romain l’avait repéré depuis un moment chez François et, même s’il affichait déjà un vrai ADN Pébérère, il se montrait encore un peu fougueux.

Il lui ai donc suggéré un passage de 12 mois dans le fût #215, celui qui avait abrité son grand frère de 1973 , une année qui lui a visiblement fait le plus grand bien d’après lui… testons ça !

Nez

Relativement patiné, on va retrouver un beau caramélisé, des agrumes confits, des fruits à coque, des dattes ainsi que de beaux arômes torréfiés pour ensuite revenir sur un fruité assez frais et juteux. Le menthol se retrouve donc avec les oranges, le citrons meringué, les abricots confits, le chocolat au lait, la muscade, le poivre, le cuir et pas mal d’arômes plus floraux.

On sent un armagnac relativement jeune et fougueux mais dont le passage dans le fût du 1973 l’aura aidé à atténuer l’attaque je pense… Les douelles ne devaient pas être totalement sèches, ce qui est très bien dans ce cas-ci 😋

Bouche

La bouche est relativement cendrée avec un boisé présent qui donne un caractère assez rustique, voir rugeux à cet armagnac. On rerouve pas mal de chêne frais, de chocolat, de café, de caramel sans pour autant que cela ne tourne au jus de bois.

Ensuite, les agrumes en chocolatine et les fruits à coque s’entremêlent pour donner un twist fruité/amer très sympa sur une finale caramel, éclat de noisettes bien gourmand.

Bref, c’est plutôt pas mal même si on sent une certaine fougue à l’ensemble.

Prix

85€

Conclusion

Très chouette « jeune » armagnac de chez Pébérère qui a déjà pas mal de marqueurs de vieux… un étonnant twist entre jeunesse, fouge et boisé.

Score


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