Durant le choix des vacances d’été, ma seule « exigence » était de ne pas dépasser les 1000 kilomètres en voiture, on peut donc dire que je ne suis pas quelqu’un de très difficile. Et en partant de Liège, le nombre de destinations assez sexy dans ce rayon est plutôt impressionnant, nous n’avions que l’embarras du choix. Et quelle ne fut pas ma bonne surprise que d’entendre l’île d’Oleron dans les choix possibles !

C’est donc en terres cognacaises que j’ai passé une petite semaine entourré de proches, avec bien entendu l’idée aussi de profiter de cette région regorgeant de belles choses pour assouvir un peu plus ma passion.

Contact est donc pris avec Alexandre Mourigué de chez Plantation pour voir si il serait possible de leur faire un petit coucou… avec une réponse postive arrivée assez rapidement ! 🥳

Alors je sais: « Hooooo, Roger va encore chez Plantation après la Barbade, complot toussa toussa !! » … Si vous voulez, moi c’est pareil.

Rendez vous donc à 09h30 au château de Bonbonnet pour une visite guidée des installations du célèbre embouteilleur/distillateur/assembleur français, n’en déplaise à certains.

Château de Bonbonnet

C’est donc après une petite heure de route, et quelques déviations nous envoyant vers notre destination en mode Indiana Jones, que nous arrivons au célèbre Château de Bonbonnet où Alexandre nous attendait pour la visite.

Là, après un rapide café en terrasse avec les présentations d’usage pour les trois mauvais camarades qui m’accompagnaient, Alexandre nous fait le tour du propriétaire.

Premier arrêt, la futur salle de réception qui accueillera les touristes de demain vers la distillerie de Gin « Citadelle ».

Gin Citadelle

Et en effet, au Château du Bonbonnet, on ne fait pas que de stocker et travailler le rhum, on distille aussi le bien connu gin Citadelle, crée en 1996 alors que tout le monde se foutait bien de cette boisson à l’époque (en France en tous cas).

Depuis, cela a bien évolué et cette marque est devenu une belle success story vu qu’on retrouve ces fameuses bouteilles un peu partout en Europe. Chaque année est une nouvelle raison de préparer une édition spéciale, l’an passée c’était les cornichons et pour 2023, place à la fraicheur du Yuzu et du melon !

Mais, comment est ce que ça marche tout ça ?

Et bien le principe semble plutôt « simple », on fait macérer des aromates avec de l’alcool pure quelques jours et ensuite on le distille en alambic… remarquez d’ailleurs cette superbe salle où trônent fierement ces superbes pot still !

Le dessous est pas mal aussi, mais nettement moins glamour avec tous ces tuyaux raccordant chacun un alambic du dessus.

Ensuite, réduction lente et embouteillage pour notre plus grand plaisir 😋

Enfin, la distillerie a entrepris ces derniers mois la culture de ses propres plans de Genièvre afin de pouvoir compter en partie sur ses propres ressources à l’avenir…. mais cela prendra pas mal de temps vu la quantité nécéssaire pour leur marque.

Les chais

Après cette belle partie autour du gin, passons au rhum avec un premier arrêt à la R&D de Maison Ferrand. C’est donc la très sympathique Fannie qui nous accueille dans son laboratoire où trainent toutes sortes d’échantillons de rhums venant des 4 coins du monde.

Là trône fièrement une machine dont j’ai oublié le nom, qui permet de séparer les différentes parties chimiques d’un spiritueux afin de litéralement sentir ses propriétés organoleptiques pour ainsi déterminer « d’où vient cette grosse odeur d’ananas rôti dans ce truc venant de Jamaïque« .

Cela permet donc d’analyser tout un panel d’échantillons, et après investigations de déterminer d’où viendrait un éventuel défaut afin d’aider le producteur à corriger cela par exemple. Cela permet aussi de pouvoir « guider » un fournisseur afin qu’il distille un profil bien recherché par Plantation. Bref, c’est pratique.

Autre curiosité, un alambic sous pression permettant de distiller à 30° seulement. Pas mal d’eau de vie sont ainsi créées dans ce laboratoire plus rapidement et en très petite quantité afin d’être ensuite décortiquées et analysées.

Et là, nous dégustons un OVNI de Jamaïque (ou plutôt la Barbade en fait, je ne sais plus trop) au taux d’esters plus élévé encore que le nombre de followers de ce blog ! Imaginez donc le résultat… bon, en vrai c’est pas génial, mais c’est très intéressant 🙂

Par contre, secret oblige, pas de photo de cette salle….

Ensuite, nous nous rendons dans la partie la plus concrète de notre expédition: les chais dont un premier où nous allons voir des expériences en cours sur le vieillissement, des énormes cuves de Barbade 5 ans et un chai « sous terrain » renfermant multitudes de petites crasses 😍

Une de ces études est l’incidence de la position d’un fût sur le vieillissement… verticale ou horizontale, les contacts entre le spiritueux et le bois ne seront pas le même par exemple. Cette même expérience est lancée chez WIRD à la Barbade afin de voir les différences en plus avec le climat.

Un autre sera le vieillissement d’un rhum jamaïcains dans un ancien fût de tabasco…. oui, quand je rigole des finitions bolognaise, j’ai l’impression que certains ne seraient limite pas contre 🙂

Ce n’est évidemment qu’une infime partie des différents tests, plains d’autres choses sont en cours.

Plus loin dans le chai, les assemblages prêts à être embouteillé reposent dans d’énormes cuves afin de se poser avant l’avant dernière étape de leur vie…. l’embouteillage, la dernière étant d’être servi dans un verre 🙂

Enfin, Alexandre nous emmène dans la cave aux merveilles avec des fûts provenant en grande partie d’une vente de Wray and Nephew, et entre autre pas mal de rhums jamaïcains vieillis en partie sous les tropiques.

Et là dedans il y a du très très lourds, bien que souvent déséquilibrés car bien entendu tous brut de fûts. Et très rares sont les fûts à pouvoir sortir tels quels, nous le savons bien entendu plus que bien, c’est donc logique que ces dégustations soient un peu violentes. Mais niveau arômes, il y a de très belles promesses pour l’avenir !

Plusieurs de ces références ont d’ailleurs déjà été embouteillées sous la marque Plantation et même pour d’autres embouteilleurs indépendants. Certaines versions réduites et d’autres bruts de décoffrage.

Enfin, après un superbe diner chez Poulpette (vraiment excellent, à découvrir !), nous retournons dans un dernier chai voir ce qu’il s’y trouve.

Et là, encore plein milles fûts de diverses provenance: Jamaïque, Barbade, Espagne, Panama, Guyana, Fiji pour de futurs beaux embouteillages en single cask ou assemblages.

Bref, un très beau moment entre mauvais camarades à visiter les installations de la Maison Ferrand. Grand merci Alex et Fanny pour l’accueil toujours aussi incroyable et à bientôt j’espère !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *