Depuis quelques temps, nombreux sont les embouteilleurs à proposer des rhums provenant de Jamaïque avec une grande partie de leur vieillissement ayant été fait sur place. Cela est assez nouveau car hormis les embouteillages d’Habitation Velier, les rhums Jamaïcains étaient pratiquement tous vieillis intégralement en Europe, vu que la plupart de ces distilleries ne faisaient tout simplement pas vieillir sur place.

Dans le cas de Hampden, ce n’est qu’à partir de 2009 que cette pratique est apparue, avant tout partait en bulk chez des brockers en Europe… enfin presque tout car il semble que certains fûts aient atteris chez Wray And Nephew pour confectionner leurs blends. Il n’est donc pas étonnant de voir certains embouteilleurs proposer de vieux Hampden tropicaux, pré 2009.

Ici, nous nous attardons sur deux millésimes 2002 du même mark, le mystérieux HJF… mystérieux ? Oui, car nous n’en avions jamais vraiment entendu parler, il semblerait que ce mark ne soit plus utilisé depuis un bon bout de temps et qu’il se situerait du côté des HLCF.

Je n’ai pas beaucoup d’informations sur ce mark, mais cela vient plus que probablement de Hampden John Fitzgerald. L’ancien homme d’état américain étant particulièrement fan de ce genre de profil… voila voila 🙂

Enfin soit, ce soir, le match est entre le Old Brothers HJF réduit à 53.6% et la plantation non réduit (?) à 70.3%.. Exercice hyper intéressant, car il s’agit probablement de deux fûts frères et donc on pourra voir ce qu’apporte une réduction à ce genre de spiritueux.

Old Brothers HJF 2002-2021 – 53.6%

Version presqu’intégralement vieillie sous les tropiques, je pense que ce dernier est resté une petite année en Europe. Réduit durant 9 mois à l’eau de source pour passer de 76% à 53.6%. Exclusivité pour l’anniversaire de The nectar en Belgique.

Nez

Très Hampden, gras, beurré, fruité (citron, ananas) et avec de belles pointes de solvants et autres arômes de type colle patex etc.

Après cela, on y retrouve de la pâte d’amande, frangipanne, de chocolat, du tabac, un côté bonbon arlequin/acidulé et ce fumé alié à des arômes d’anchoïade assez spécifique à la distillerie.

Nez très parfumé, bien équilibré grâce à la réduction qui a sans doute bien calmé le jus initial, le boisé ne me semble pas trop présent. Très bien.

Bouche

Bouche vive suivi directement d’une belle explosion fruitée en bouche pour laisser ensuite les arômes plus classiques dominer.

On y retrouve de l’ananas rôti, une banane bien mure, des fruits rouges plus acidulé et même une petite pointe de fraise pour terminer sur un boisé assez chocolaté et gourmand.

La finale, longue est chocolatée, mentholée (after eight), fumée et légèrement saumurée… L’alcool est très bien intégré avec une belle réduction lente qui ne casse pas le spiritueux. Bravo, très bon boulot.

Prix

250€ (50cl)

Conclusion

Hé bien j’aime vraiment beaucoup, un beau millésime, « facile » à déguster car très gourmand et bien réduit. Après ça reste quand même très typé, on ne présente pas ce type de rhum à « Monsieur j’aime beaucoup le Zacapa« … il faudra un palais un plus averti pour apprécier à sa juste valeur ce rhum.

Par contre, 250€ pour 50 cl, vraiment j’ai du mal à comprendre… ça nous fait 350€ la bouteille de 70 cl là où le plantantion n’est « que » dans les 165€.

Après, je sais que Plantation doit avoir une force de frappe bien supérieure à Old Brother et ne négocie donc pas au même prix ses fûts, vu la quantité et probablement le fait qu’il y ai moins d’intermédiaires entre eux.

Je sais aussi qu’il faut compter Nectar là dedans mais quoi qu’il en soit, pour le consomateur final, vraiment c’est rude et je comprends tout à fait qu’il en reste encore à gauche ou à droite.

Score

90/100 si on ne parle que du rhum…


Plantation HJF 2002-2021 – 70.3%

Ce rhum aura vieilli 17 longues année sous le cagnard jamaïcain pour ensuite revenir à Cognac où il restera 1 année de plus en ex fût plantation.

Cette version est une édition limitée pour LMDW et du haut de ses 70.3%, j’avoue qu’il me fait un peu peur, mais bon… Plantation reste quand même connu pour sa maîtrise dans l’art d’embouteiller des choses plutôt équilibrées donc je pense que ça devrait bien se passer.

Nez

Etonnament, très douce et gourmande… j’avais peur de me brûler les narines, il n’en est (presque) rien.

Le nez semble un chouia moins expressif par contre, légèrement plus fermé dû probablement aux 70 watts. Mais on y retrouve une très belle gourmandise, c’est assez brioché, beurré, caramélisé et puis derrière tout cela, on sent une pointe d’acidité arriver avec pas mal de fruits tropicaux comme l’ananas encore et la banane ainsi qu’un côté solvant, pratiquement obligatoire dans ce genre de choses mais moins marqué que sur le Old brothers.

La partie boisée est ici plus fine, plus élégante et plus fondue par contre.

Bouche

Bon, évidemment ça pique un peu mais au final pas tant que ça… On retrouve une bouche assez proche du Old Brothers, avec un beau fruité sur l’ananas, la banane alié à une belle gourmandise et le fumé caractéristique de la distillerie ainsi qu’un beau boisé/chololat.

La finale est acidulée, fumée et boisée mais ça picote quand même un peu. Quelques degrés en moins m’auraient probablement aidés dans cette dégustation.

La finale est très gourmande, sur un mariage chocolat/acidité du plus bel effet. Le côté poiscaille était de la partie aussi.

Prix

165€

Conclusion

Très bien aussi, un beau produit mais je pense que les 70% sont probablement un peu de trop. Disons qu’ici, faut vraiment être en forme pour se lancer dans le dégustation quoi 🙂

Mais ça reste tout de même étonnant de buvabilité… chapeau Plantation !

Score

89/100

Conclusion

Match gagné par la version Old Brothers car l’alcool est quand même bien plus fondu à l’ensemble et l’équilibre du rhum est meilleur… mais pour un prix qui lui n’est pas spécialement réduit, dommage de s’être arreté en si bon chemin 🙂

Le plantation à quant à lui tout ce qu’il faut pour le rendre incroyable aussi, j’imagine que le degré si haut fait partie des demandes de LMDW, comme pour l’explosif Clarendon 84 de l’année passée. J’aurais aimé le déguster plus léger (le rhum hein, pas moi)

Dans tous les cas, deux belles bariques travaillées de manières quelques peut différentes, très intéressantes toutes les deux.

Merci à Cyril pour les quelques photos d’illustration je vous conseille vivement d’aller checker sa visite chez Hampden ici.

2 Comments

  1. Simple question, le fait de réduire un rhum ne devrait-il pas baisser son prix ?
    Sinon merci pour toutes ces dégustations toutes plus intéressantes que les autres.

    1. Si, clairement un rhum réduit est sensé couter moins cher, de part les taxes et aussi car il y a plus en embouteillé vu qu’il y a ajout d’eau… Cet écart est vraiment impressionnant en fait.

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