Reportage, Rhum

Caroni 1997-2020

Dans la vie, il y a certaines occasions qu’il ne faut pas louper…. le genre de propositions totalement « what the fuck », où réfléchir serait une pure perte de temps ! Alors quand on m’a proposé un Caroni aux couleurs du blog, j’imagine qu’il ne sert à rien de vous faire un dessin à propos de ma réaction 🙂

Une fois cette proposition acceptée par l’ensemble du personnel travaillant sur ce blog, l’étape suivante était de se relever et de poser quelques questions d’ordre « pratico pratique ». Pourquoi ? Comment ? Le millésime ? La provenance ? etc etc ….

Et là Hubert, car il s’agit bien d’Hubert Corman derrière tout ça, me dit tout simplement qu’un Caroni pour le blog à Roger, ça semblait d’une logique implacable… ce qui, avouons le, n’est pas faux 🙂

Rendez vous est donc pris pour une dégustation de l’ensemble d’échantillons en direct provenance de chez Bristol Spirit pour une sélection du feux de Dieu… Car oui, « Mon » Caroni vient du deuxième plus gros stock au monde de Caroni, Bristol Spirits en Angleterre. Embouteilleur mythique que j’affectionne énormément !

De ces 5 échantillons, nous devons sélectionner les futurs single cask Corman Collins et choisir le Caroni qui me plait le plus… La pré sélection ayant été faite par John Barrett himself dans ses chais.

Ce dernier et Hubert travaillent ensemble depuis longtemps, il sait du coup ce qu’Hubert attend comme niveau de qualité. La pré sélection est donc d’un très haut niveau, ça évitera de déguster trop de trucs « passables ».

Au menu:

  • Clarendon 2004
  • Emore 1992
  • Port Mourant 2002
  • Caroni 1998
  • Caroni 1997

Je ne vais pas revenir en détail sur l’ensemble de la sélection, cela se fera plus tard. Je peux juste vous confirmer qu’il ne s’est pas foutu de notre gueule pour le dire platement 🙂

Le seul qui n’a pas été sélectionné est le Port Mourant, car il était « juste » très bon et non waw.

Pour ma part, Hubert me propose de choisir le premier celui qui m’aura fait mouche… Un peu gêné, je lui dis que pour moi, le 1997 avec son « petit » 58.5% réduit durant 22 longues années est celui que je préfère mais que s’il le veut, le 1998 me plait énormément aussi.

Coïncidence, ou ultime politesse, Hubert m’avoue préférer le 1998… que le monde est bien fait tout de même 🙂

Pomme de terre sur la gâteau, j’ai même le droit de m’occuper moi même de l’étiquette et du design de la boîte… seul instruction, il faut que ça claque !

Ni une ni deux, j’appelle mon ami graphiste pour lui parler du projet… et comme on est ami de très longue date, il ne peut strictement rien me refuser ! 🙂

Pour ce qui est de la carte d’identité de la chose, nous sommes donc sur un Caroni distillé en 1997 et vieilli jusqu’en 2009 sur l’île de Trinidad. Ensuite, Bristol rachète une très importante partie du stock, dont ce superbe fût et le laisse vieillir sur notre continent jusqu’en 2020. 22 années plus tard, un blogueur belge présente 210 bouteilles à 58.5% de ce jus et tape fièrement cet article !

Couleur

Superbe acajou…

Nez

Nous retrouvons assez vite les marqueurs de la célèbre distillerie, à savoir un côté huile de garage, sale et brûlé avec des arômes de caoutchouc, de cuir, d’hydrocarbure et de chocolat.

Le caramel est onctueux et légèrement salé, auquel va venir d’ajouter des agrumes confits, de l’abricot en compote, de l’orange sanguine, de l’ananas.

Les 22 ans en fût ont assagis le rhum, celui ci est limité crémeux au nez… bon je ne sais pas si ça se dit mais c’est ce que je ressens 🙂

Vraiment le genre d’élégance que je ne retrouve que sur les Caroni de certains Bristol, le 1989 me venant directement en tête. Et chez moi, ça veut dire beaucoup.

Je pense que j’avais déjà flashé sur ce rhum avant même d’y tremper mes lèvres.

Bouche

La bouche est marquée par le boisé fin, le chocolat en poudre, la légère amertume due à un long vieillissement et aussi une fraicheur fruitée.

C’est vif, sans pour autant déchausser les dents du fond, c’est crémeux, gourmand et sale, juste comme il faut.

Si je devais décrire cette bouche, je dirais équilibrée car rien ne semble prendre plus de place que prévu. Tout le monde est à sa place, sans vouloir passer devant l’autre pour le photo finale 🙂

On retrouve bien la gourmandise de la pâte d’amande, le fruité limite tropical avec une pointe de mangue et d’ananas couplé aux agrumes et abricots.

Le boisé est représenté par le chocolat au lait, le caoutchouc, le tabac et encore du cuir.

La finale, longue et élégante est acide et chocolatée….

Prix

390€

Conclusion

Que voulez vous que je vous dise… pwa c’est bon merde ! 🙂

Alors oui, ce n’est pas un « true » Caroni suivant l’appellation de Luca… Mais pour moi, clairement c’est un vrai Caroni, juste travaillé différemment et très élégant.

Le rhum a été distillé chez Caroni, à vieilli chez Caroni ainsi que dans la froideur anglaise pour un double vieillissement maitrisé. Le mot maitrisé à toute son importance dans ce cas ci.

Clairement, on sent que les années passées sous le tropiques ont permis au jus de s’affirmer, les années en Europe de s’assagir et de se complexifier dans le calme.

Ce rhum est un vrai témoignage de ce qu’est Caroni, il est accessible en terme de dégustation, complexe sans être sauvage… Un daily dram avec des couilles dirons nous 🙂

Dernière petite réflexion, il faut vraiment arrêter de discuter entre les pros Velier et les pros Bristol. C’est d’une stupidité sans nom et cela témoigne d’un manque radical de discernement.

Il y a du magnifique et du raté des deux côtés, le plus important étant qu’ils sont tous les deux les seuls à proposer de façon régulière du Caroni depuis la fermeture de la distillerie. Grâce à eux, celle ci va exister un bon paquet de décennies de plus dans le temps.

[SEQUENCE EMOTION ON]

Merci donc à Luca, Merci à John…. ben et Merci à Hubert car sans lui, cette occasion de vous parler de « mon » Caroni n’existerait pas.

[SEQUENCE EMOTION OFF]

Note

🤪🥳/100

2 Comments

  1. Bonsoir Roger
    tout d’abord félicitations. Ca doit claquer d’avoir une bouteille à ses couleurs !
    et du coup, petites questions, y a t’il beaucoup de différence entre les Caroni 1997 et 1998 ? et que valent les deux autres rhums sélectionnés ? Je fais mon curieux disons intéressé….💸💸💸

    1. Bonjour,

      Grand merci, oui ça claque 😅

      Je prépare un article sur les autres. Le caroni 98 est plus garage encore et plus de puissance.

      Le enmore et le Clarendon sont superbes 😀

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