Rhum

Some Kind Of Hamp***

Haaaa, la Jamaïque, sa musique, ses champions en athlétisme, son climat, ses plages et ses rhums qu’on ne peut appeler par leur nom… ha ben oui, acheter leurs rhums blancs pour les faire vieillir ici en Europe on peut, mais dire d’où ils viennent, on peut pas. Logique pour certains, moins logique pour d’autres…

Perso je fais partie des gens qui trouvent cela un peu dommage, même si effectivement, la distillerie perd totalement le contrôle de ce qu’il se passe après les avoir vendu et ne veut donc pas être associé à cela.

Mais venir l’interdire par la suite, une fois qu’on a bien profité de la notoriété de certains de ces embouteillages pour devenir à la mode, c’est un peu plus triste quoi 🙂

Soit, le sujet de cet article est plus porté sur la sortie d’une trilogie de rhums de Jamaïque distillé à Trelawny, plus précisément à la distillerie Hamp*** pour CAVAVIN Belval au Luxembourg. Trois millésimes, trois marks différents dont le tout a vieilli principalement (totalement?) dans notre bonne vieille Europe et mis en bouteille par l’embouteilleur Samaroli.

Concernant cet embouteilleur, il est bon de noter qu’il n’a de Samaroli que le nom… Le maestro ayant revendu le nom et une partie de ses sélections il y a quelques années de cela maintenant. Je ne pense pas que l’origine de ces embouteillages fassent partie d’anciennes sélections de Silvano.

Hamp*** 2001 HLCF

Distillé en 2001, cette version titre 55%, autant dire qu’il aura été réduit.

Hamp*** 2011 <>H

Nettement plus jeune, ce <>H titre 62% et a été assez bien réduit aussi.

Hamp*** 2012 LROK

Le plus jeune, distillé en 2012 cette version titre 60% et est du mark LROK.

Hamp*** 2001 – 2021 HLCF 55%

HLCF, le premier mark à avoir été proposé par Habitation Velier avec le millésime 2010. Il s’agit d’un profil aromatique assez marqué avec 500/700 esters g/hlaa. Pour la petite histoire, cela signifie Hampden Light Continental Flavoured. C’est drôle car j’avais en tête qu’il n’y avait qu’un mark par année, hors nous connaissons deux Hamp** <H> de 2001…

Nez

Plutôt léger en fait, marqué par la colle patex, la pâte d’amande, un peu d’olives, un côté herbacé avec du thym et de l’eucalyptus.

Avec le temps, un pointe gingembre/citron fait son apparition ainsi que de la banane verte, un léger caramel et quelques notes plus boisées. L’alcool est plutôt discret. Pas le nez le plus foufou que j’ai eu l’occasion de voir…

Bouche

Gras et plutôt boisé… on y retrouve assez bien d’olives, du tabac, un peu de bois toasté et de chocolat. Les fruits ? j’ai plus de mal à les retrouver dans cette version hormis un léger ananas.

Les 55% sont assez bien intégrés, ça passe tout seul et c’est plutôt bien rond en bouche.

Prix

475€ (pour les trois)

Conclusion

Mouais, pas des plus convaincu par cet HLCF qui manque cruellement de « funkytude » en fait… loin d’être mauvais, il ne présente pas de fausses notes, mais on s’emmerde un peu pour le dire platement 🙂

Score

81/100


Hamp*** 2011 – 2021 <>H 62%

Un mark que j’apprécie assez bien, mêlant le côté bien funky à un profil plus pâtissier, ce rhum de 10 ans titre 62% et semble avoir réduit (j’ai vu passer une photo des samples, celui ci était à l’origine à 69%)

Nez

Une belle grosse colle patex et de vernis encore, mais avec plus de traces fruitées dont l’ananas rôti, la banane, le citron et un côté assez brioché/beurré. Ensuite, des traces plus fumées/boisées font leur apparition.

Les 62 bourrins ne semblent pas tout arracher, c’est plutôt rassurant pour la suite 🙂

Bouche

Houla, ça picote déjà plus ici mais c’est bien plus funky en bouche… un côté bonbon arlequin, ananas, citron, acide mêlé à des notes d’olives noires, de fumé et de boisé.

La finale est assez longue et propose des arôme plus boisés sur la noix entre autre. L’alcool est probablement un chouia trop présent pour ce jeune Hamp***.

Prix

475€ (pour les trois)

Conclusion

Plus jamaïquain que le précédent, dommage qu’il n’allie pas la rondeur du premier avec ses arômes plus funky… Je le trouve néanmoins plus intéressant et moins consensuel que le HLCF. Après, ce ne sera pas spécialement le daily dram par excellence, ça c’est clair.

Quelques années en plus n’auraient probablement pas été de trop, les Hampden (merde je l’ai dit !!) ont toujours besoin de temps !

Score

82/100


Hamp*** 2012 – 2021 LROK 60%

Le plus léger aromatiquement des 3, en tous cas en théorie, ce LROK oscille entre 200 et 400 esters g/hlaa. Pour l’autre petite histoire, LROK signifie Light Rum Owen Kelly. Owen Kelly étant le type qui a racheté l’habitation aux alentours de 1827.. depuis c’est passé dans bien d’autres mains.

Nez

Un nez plus gourmand, plus caramélisé avec pas mal de notes fruitées compotées et légèrement herbacées. Les 60% semblent assez bien fondus à l’ensemble.

Avec le temps, dommage mais un côté carton humide vient ternir ce tableau qui promettait.

Bouche

Pareil, ça picote légèrement mais ce n’est pas spécialement trop problématique… par contre, c’est bien plus boisé que ce que je pensais.

On y retrouve assez bien de tabac, de fruits secs, de caramel brûlé, de sucre brun et un côté limite armagnac (bien estérisé ok, mais un petit côté gascon quand même).

Prix

475€ (pour les trois)

Conclusion

Le plus atypique des trois, je pense qu’au final c’est mon préféré…sans être un coup de coeur non plus. Assez gourmand, mais étrangement assez marqué par le fût.

Score

86/100

[EDIT]

Lors de l’écriture de l’article, j’étais persuadé qu’il fallait obligatoirement prendre le coffret, ce qui explique celui ci est un peu rude… Apparemment on peut avoir celles ci seules aussi.

Du coup le LROK est bien plus intéressant niveau rapport qualité/prix 😉 je remonte son score.

[/EDIT]

Conclusion de a trilogie

Arf, que dire si ce n’est que cette trilogie est décevante pour un prix qui laisse supposer à du lourd…. Face à cette légère déconvenue, et en repensant à d’autres articles, je viens de légèrement modifier la traduction de l’échelle de notation.

Clairement, ces rhums sont pas mauvais… mais loin d’être non plus des machines de guerres. Pour 475€, vraiment il y a moyen de se faire une belle grosse bouteille plutôt que 3 passables.


90 et + : rhum exceptionnel et unique, must have !

entre 85 et 89 : rhum très recommandé, excellent .

entre 80 et 84 : rhum sympa, c’est pas waw mais ça fait le boulot ou alors c’est hors de prix.

75-79 : mouais…. bof bof, sans être imbuvable mais de là à vous recommander d’en trouver une bouteille…

70-74 : dans la moyenne basse, oubliez cette chose.

moins de 70 : pwaaaa, c’est vraiment pas très bon ce truc…

2 Comments

  1. Et bien merci pour cette dégustation.
    Quand je vois que ça se vend minimum 750€ sur eBay… je rigole.
    La spéculation, ça n’a pas de prix ! 🤪

    1. Haaaa ça, certains on vite parié sur le fait que ça fasse une belle plus value… on verra, perso je trouve cela bien, mais loin d’être waw non plus.

      Et se taper le box, ça fait très cher quand même pour du moyen… après, il semble qu’on puisse avoir les quilles à l’unité, sauf une HLCF je pense, mais bon..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *