Rhum

Albion 2004 & Skeldon 2000

Demerara Distillers nous revient en ce début d’année avec ses embouteillages « Rare Collection« , et le moins que l’on puisse dire est qu’ils font un très beau Buzz avec ces deux sélections !

En effet, balancer sur le marché deux rhums avec des noms aussi mythiques que « Albion » et « Skeldon« , il n’en fallait pas plus pour mettre notre petit monde du rhum en émoi !

Afin de planter le décor, non il ne s’agit évidemment pas de rhums venant de ces deux distilleries ni de ces deux alambics bien entendu ! Albion ayant fermé ses portes en 1968 et Skeldon en 1960.

Il s’agit ici de profils, de recettes ou de marks pour être plus précis. Ces derniers servant juste à définir ce qu’il y a dans le fût afin de préparer les différents assemblages bien connu, qui sont les El Dorado 12-15-21-25 ans.

De tous ces réglages, je pense aux levures, le type de mélasse, la durée de la fermentation et bien entendu l’alambic et ses réglages plus tout une autre série de paramètres dont l’âge du capitaine entre autre..

Je ne peux qu’une fois de plus vous proposer d’aller faire une tour ici afin d’en connaitre plus…. LA bible pour tout fan de demerara qui se respecte !

Attelons nous directement au plus intéressant, ce qu’il y a dans le verre 🙂


Albion 2004

Du haut de ses 14 années passées sous la chaleurs des chais tropicaux de la distillerie Diamond, ce rhum distillé en 2004 et mis en bouteille en 2018 titre un solide 60.1%.

Le mark indiqué sur la bouteille est AN, le même que le monstrueux Albion 1994 de Velier.

Nous devrions donc retrouver pas mal de similitudes entre ces deux versions. L’avantage ici est que le prix est du coup bien plus accessible vu que la version Velier est juste WTF pour le moment.

Couleur: acajou, c’est extrêmement gras;

Nez: fruité, c’est le moins que l’on puisse dire avec une compote de bananes, abricots et un brin de coco.

Le camphre, eucalyptus, le caramel, le chocolat, un côté iodé, un boisé fin, du tabac, du pain grillé et un le caoutchouc viennent terminer ce nez très agréable.

Ca sent la mélasse mais il n’y a pas d’exces, ouf ils n’ont pas exagéré avec la dose !

Bouche: une attaque vive et liquoreuse… ça colle véritablement aux dents ce trucs !

La mélasse, le caramel limite brûlé, du toasté, l’amertume de l’orange sanguine, c’est hyper gourmand et généreux.

Le menthol et le chocolat au lait reviennent ainsi que des notes vanillées.

L’alcool est plutôt assez bien fondu à l’ensemble.

Malheureusement, le rhum est présent mais à tendance à s’éteindre assez vite même si il nous laisse une petite pointe de caoutchouc relativement familière avec les Albion.

Prix: +- 240€ (les prix varient énormément suivant le pays)

Conclusion: Un nez très parfumé et gourmand et une bouche assez cohérente avec ce premier.

Après le manque de longueur est un peu dommage… mais ça reste un très agréable moment.

Note: 85/100

L’Albion à Gauche et le Skeldon à droite

Skeldon 2000

Alors ici, on rentre de la mythique de chez mythique…. les derniers (et probablement uniques) rhums ayant un jour portés le nom Skeldon étant les deux versions proposées par velier.

N’ayant jamais eu le bonheur de tester ces deux monstres, je vous propose d’aller checker ici et ici ce qu’en pense Cyril.

Skeldon était donc une plantation sucrière qui comprenait une distillerie, comme il y en avait un bon gros paquet à l’époque.

Le mark SWR est le même que les deux versions velier, une chance unique donc de pouvoir se faire une idée de ce que cela pouvait être (ou pas?). Cette version titre 58%

Toucher aux versions velier étant juste impossible en 2019, à moins d’avoir un bon paquet d’euro à « investir » ou un qui de droit en (très) grande forme.

Couleur: très proche de l’Albion, acajou foncé et très gras.

Nez: plus fermé, plus boisé que l’albion, celui ci n’en demeure pourtant pas moins bon, il lui faut juste plus de temps.

L’aspect mélasse grillée et caramel brûlé est là comme sur le AN, avec un côté boisé mis en avant ainsi que la poudre à canon.

Les fruits sont du coup en retrait mais avec le temps la banane arrive avec la grosse orange sanguine (sinon on appelle ça mandarine sanguine 🙂 ).

La poudre de chocolat noir mais aussi la menthe et de belles notes torréfiées viennent terminer le tout.

L’ensemble semble plus lourd, plus austère que l’Albion mais ce n’est vraiment pas pour me déplaire en fait.

Bouche: pwaaa, c’est gras, envoutant, boisé, chocolaté, peut être moins écœurant que l’albion, plus robuste aussi.

Un délicate amertume est présente entremêlée d’épices et toujours cet aspect brûlé, grillé.

La vanille, le caramel beurre salé et un léger côté madérisé viennent compléter le tableau.

La longueur est bien plus impressionnante que celle de l’Albion.

Prix: +- 270€ (les prix varient énormément suivant le pays)

Conclusion: plus austère, robuste et lourd que l’Albion, celui ci me semble plus abouti bien que plus linéaire sans aération.

La gourmandise qu’il dégage en bouche avec cette superbe amertume est vraiment agréable…après, ça coûte une blinde, soyons clairs.

Note: 87/100

Retour gagnant ?

DDL à clairement joué sur le buzz que pouvait offrir ces deux noms, je pense qu’ils sont attentifs à ce qui se dit sur les différents réseaux sociaux et autres sites d’enchères. Albion et Skeldon étant les deux noms sur lesquels les amateurs s’excitent le plus, clairement.

De toutes façons, après 2 Enmore et 2 Port Mourant, ils ne pouvaient pas encore nous proposer cela.

Donc, retour gagnant ?

Je dirais que cette troisième release de « rare collection » me semble la plus aboutie, même si l’Albion n’arrive pas à se hisser au niveau du Velier de 1994.

Quand au Skeldon, c’est le meilleur que j’ai gouté…. bon c’est le seul aussi mais bon, c’est détail ça 🙂

Donc oui, c’est bon, c’est agréable mais je trouve cela trop haut dans les tarifs. Même si je peux comprendre une certaine envie de se positionner dans cette tranche, et ainsi éviter à des petits malins d’en faire un business, perso ça me bloque dans l’achat d’une des deux références.

Dommage, j’avais vraiment envie de craquer 🙂

8 Comments

  1. hum, c’est vraiment bon, j’ai testé des samples abordables et le skeldon est vraiment au top. Je suis plutôt fana des rhum agricoles AOC mais là c’est autre chose et ça nous montre toute la diversité que l’on peut trouver dans le rhum. Il a une puissance et une longueur mais la bouteille a son prix… merci en tout cas pour ton blog !
    Jé rhum

    1. Bonjour et merci pour le commentaire…

      Oui effectivement, on est clairement sur autre chose qu’un rhum AOC. Comme le disait Chantale Comte, c’est limite deux excellents produits qui ne devraient pas avoir le même nom en fait 🙂

      Et effectivement, c’est un peu cher comme bouteille, dommage car c’est vraiment sympa à déguster.

  2. Hello,

    je suis amateur débutant. Je ne connais pas encore tous les adjectifs communément employés par les connaisseurs pour décrire un rhum. Je sens parfois des choses sans avoir les mots à mettre dessus. Je pense que ça va venir avec l’habitude.
    J’ai beaucoup bu de rhum en cocktail, puis en ti-punch avec quelques rhums vieux et ambrés, et depuis peu je m’attaque aux très vieux rhums. Certains diront que de commencer avec des grosses références c’est pas forcément la bonne façon d’apprendre. Je pense qu’avec toutes les déclinaisons possibles et imaginables de tous les embouteilleurs indépendants, je préfère taper dans des valeurs sûres, et pouvoir comparer mon avis avec des blogs comme celui là.

    J’ai goûte Skeldon 2000.
    Je ne parlerais pas de la robe, pour moi, tous les rhums sont marrons, et gras pas gras, je ne fais pas encore la différence.

    Ca sent fort le bois, comme une bonne planche de parquet fraîchement coupée. J’ai senti pas mal de truc frais (Roger dit de la menthe, ca pourrait être ca), du chocolat noir ou du cacao et un peu de colle (j’ai du trop mettre mon nez dedans, les vapeurs m’ont chatouillé les naseaux).

    En bouche, je n’ai pas encore ces notions de gras, frais, donc je ne me prononce pas. En tout cas ca glisse bien sur la langue et le palais.
    J’ai noté du chocolat noir bien amère (je dirais un 90% de cacao), et quelques notes de colle néoprène qui me reviennent par moment.

    La finale est plutôt longue. J’ai même goutté quelques arômes lointains de grenadine sur la toute fin.

    C’est pas mal mais c’est pas ce que je préfère.

    1. Ça reste très subjectif mais après, oui ce skeldon est plutôt boisé..

      Le gras, pour moi, est juste un rhum si ça laisser une très grosse empreinte en bouche. Tu sens vraiment ton Palais tapissé par le spiritueux.

      Après c’est une très belle référence et pourquoi pas commencer par des trucs pareils…

      Au plaisir de rediscuter 😉

  3. Superbe article, merci Roger.

    Je devrais avoir prochainement l’occasion de déguster l’un des deux. Je me ferais mon propre avis, mais ton article donne bien envie.

    Je voulais surtout te remercier pour l’article sur Demerara que je ne connaissais pas. Il est très intéressant et je vais l’ajouter dans la prochaine newsletter.

    J’ai appris beaucoup de choses merci.

    1. Effectivement l’article de Marco sur Barrel-aged-mind est juste incroyable, c’est une vrai bible sur les demerara (et ça peut très vite devenir tordu)

      J’attend ton retour sur ces deux rhums alors 😉

  4. Super retour merci Roger.
    Je connaissais pas le mark WTF par contre, s’agit it d’un reglage speculatif?

    1. C’est un mark spécifique qui ne sert qu’au marketing en fait 🙂 🙂

      Ce n’est pas directement affiché sur la bouteille, mais souvent on le retrouve sur eBay effectivement.

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