Cela faisait déjà un bon moment que nous n’avions plus eu l’occasion de découvrir une vraie série de nouveautés signées The Duchess, cette marque hollandaise que l’on suit avec plaisir. Le dernier colis reçu récemment tombe donc plutôt à pic : il arrive au bon moment, et surtout, il est arrivé intact, sans la moindre casse (tombé à pic, toussa toussa quoi..)… bref, une belle surprise bienvenue.
Et au menu de ce nouvel article, on retrouve des rhums issus de destinations archi-connues, celles où l’on pourrait facilement se dire « encore ?? ». Sauf que le monde du rhum a bien changé ces dernières années : il n’est plus vraiment le même qu’autrefois. Votre humble blogueur, de son côté, se tourne de plus en plus volontiers vers d’autres spiritueux, parce que la curiosité a du bon et ouvre de nouveaux horizons. Du coup, pour moi, c’est une très belle surprise de revenir ainsi à mes premiers péchés mignons…
Car oui, ce soir on va vraiment taper dans du très vieux Demerara, en provenance de chez Uitvlugt et, assez rare, non issu de Port Mourant. On aura aussi droit à un vieux Foursquare signé par l’ami Richard, ainsi qu’à un assemblage réunissant différentes provenances… et, cerise sur le gâteau, un gros Caroni. Ça faisait vraiment longtemps que l’on n’en avait pas croisé un, du coup c’est bonheur 🥳

Premium Blend – 11YO – 46.8%
Assemblage de rhums « premium » dont le plus jeune est âgé de 11 ans.
Nez
Comme le dernier, on sent directement que la proportion de rhums issus de Jamaïque est assez grosse. Ca sent clairement le Worthy Park là-dedans avec ses fruits tropicaux, ses ananas rôtis, ses bananes vertes, le massepain cuit, les olives vertes, la colle et quelques notes plus fumées qui peuvent évoquer Hampden par exemple.
C’est assez frais, légèrement mentholé avec un boisé relativement discret et agréable…. bah ça sent bon quoi 🙂
Bouche
Entrée en bouche relativement douce avec encore cette impression de rhum venant de l’île à Bob, les olives, le fumé, les fruits tropicaux, l’acidité des agrumes, la pâte d’amande, le fin chocolat au lait, le caramel sur un profil résolument gourmand et accessible.
Les 46% semblent légèrement aqueux, rien de bien grave, ça reste un produit d’appel et le but n’est donc pas d’atomiser le palais du pauvre nouvel arrivant dans le monde du rhum 🙂
Prix
Conclusion
Bien, chouette blend… je ne sais pas trop avec quoi c’est fait, hormis la Jamaïque, mais c’est bien fait 🙂
Score

Uitvlugt – 27 YO – 57.9%
La distillerie Uitvlugt a fermé en 1999, ce rhum a donc été distillé dans les dernières années d’activité de la distillerie, car il est du millésime 1998 et titre 57.9% d’alcool. Il est du mark MUI (MUI signifierait Modified Uitvlugt Industrial…mais bon, je n’ai pas trouvé beaucoup d’infos là-dessus)
Nez
Clairement, ça sent le Uitvlugt MUI, on ne peut absolument pas se tromper… Lol, non en vrai je ne sais pas trop ce que sent un MUI. Mais en gros, ça semble assez léger, j’imagine une distillation en colonne.
On y retrouve pas mal d’agrumes avec le citron en tête, du pamplemousse rose, la coco suivie de quelques notes d’ananas fraichement coupé, de vanille, d’un léger caramel et d’une très fine réglisse.
Ensuite, une fine colle patex et quelques raisins secs… ça fait penser à une Foursquare en fait 🙂
Bouche
La bouche nous ramène vers les agrumes légèrement amères, confits suivi de caramel, de réglisse, des fruits à coque et le profil semble directement plus lourd que le nez.
Le chocolat noir amer et du cuir saupoudrés d’épices comme la muscade et le poivre déboulent ensuite avec pas mal d’arômes tirés du fût dont la feuille de tabac, la cire, le miel issus de ses 27 années d’emprisonnement.
Prix
Conclusion
Pas mauvais, loin de là mais je m’attendais à quelque chose d’un peu plus expressif. Je ne sais pas trop de quel alambic sort ce rhum, mais le profil est assez « léger » je dirais.
Score

Foursquare – 13 YO – 59.8%
Provenant de chez Foursquare, ce rhum est un assemblage de rhum distillés en colonne et en pot still et titre 59.8% d’alcool.
Nez
Ce qui est rassurant est que le sample de Foursquare sent aussi le Foursquare… donc ce n’est pas le Uitvlugt 🙂
Pas mal de fruits exotiques comme les mangues et autres bananes se retrouvent avec le raisin sec, les abricots enrobés d’un fin caramel et de fruits à coque. Clairement un profil assez gourmand et typique des rhums de cette sympathique distillerie.
Quelques notes plus herbacées arrivent ensuite avec des traces de cuir, de cire de bougie, de boisé gourmand alliant chocolat, réglisse, vanille et une pointe de cerise Maraschino et son sirop.
Bref, c’est bien foutu.
Bouche
Ha ben oui, c’est de fait bien le Foursquare avec son côté ultra classique mais vraiment bien foutu. C’est patiné, c’est gras, c’est gourmand mais on ne tombe jamais dans le vulgaire.
Caramel, fruits secs, fruits tropicaux en compote, épices de Noël, raisins secs, pruneau avec un alcool fort mais pas si effrayant que les 59% annoncés.
Le bois est gourmand, la cire d’abeille, le chocolat au lait, la réglisse et la vanille bien grasse terminent sur une très belle longueur.
Prix
Conclusion
Bah c’est bon… ça ne réinvente totalement pas le rhum, mais c’est clairement bon. Foursquare, ça reste quand même une machine à produire des trucs carrés, sympas et bien fait. Une sorte d’ AC/DC du rhum quoi…. on sait ce qu’on achète et on est rarement déçu mais faut pas chercher la prise de risque 🙂
Score

Caroni – 28 YO – 52.6%
Distillé à la mythique distillerie Caroni à Trinidad, ce rhum du millésime 1997 est resté 28 ans dans son fût avant d’être mis en bouteille à 52.6% d’alcool.
Nez
Bon allez, on garde le même running gag durant tout l’article ? Et oui, ça sent bien le Caroni cette histoire, mais on sera sur un profil pas totalement dirty. On navigue entre les fruits et les arômes plus typés Caroni, mais tout en délicatesse.
Donc pas mal de banane, d’abricots, d’agrumes, de rhubarbe, de mangue sechées sur un lit de caramel légèrement brûlé, de réglisse, d’huiles de garage, de cire de bougie, de cuir, caoutchouc et même une sorte de colle blanche… bref, pas loin de mon petit bébé.
Bouche
La bouche est un peu timide, on retrouve nos fruits tropicaux, le sucre brun, le caramel, quelques fines traces d’hydrocarbures, des huiles de garages, une olive noir et une finale fumée qui pourrait limite faire penser à un Hampden en fait.
Pas mauvais, loin de là, mais cette marque jamaïcaine est étrange… après j’avais lu, me semble-t-il, dans l’excellent livre de notre ami Steffen que certains Caroni pouvaient avoir été « édulcorés » durant le temps entre la faillite et le rachat afin d’augmenter les volumes…
Bref, avons-nous ici droit à un arrangement à la distillerie avant le rachat ou pas ? Au final, on s’en fout un peu car c’est pas mal, et c’est bien là le plus important.
Prix
Conclusion
Chouette Caroni qui fait très bien le boulot et qui est fort agréable avec sa petite touche funky….

