Au cœur de l’Aveyron, sur une propriété familiale transmise depuis quatorze générations, le Domaine de la Pèze porte une vision singulière du whisky français, intimement liée à sa terre et à ses cultures. Installé à Savignac, dans le Rouergue, le domaine de Charles et Barbara Cagnat est né d’une idée simple mais ambitieuse : démontrer qu’un whisky peut exprimer son terroir avec autant de force qu’un grand vin.
Pour concrétiser cette démarche, le domaine s’attache à maîtriser chaque étape de la production, de la culture de l’orge jusqu’au vieillissement. Commercialisés sous le nom « Moyssou », qui signifie « moisson » en occitan, les whiskies du domaine mettent au premier plan la matière première et l’influence des différentes récoltes sur le profil aromatique final. Une véritable approche paysanne du whisky, où chaque millésime raconte une année, un champ et une récolte.
Les premiers embouteillages ont toutefois nécessité un peu de patience. Avant l’installation de son propre alambic SOFAC de 10 hectolitres en 2024, Charles Cagnat faisait distiller ses brassins à façon chez Landa’s, dans le sud de l’Aveyron. L’arrivée de cet alambic sur le domaine a marqué une étape importante dans son projet, lui permettant de rapprocher encore davantage la production de son idéal : un whisky élaboré et maîtrisé sur son exploitation, de l’orge au verre.
Le millésime 2020 occupe d’ailleurs une place particulière dans l’histoire du domaine. Une violente grêle ayant fortement impacté les récoltes cette année-là, il a été nécessaire de compléter l’orge du domaine par une orge provenant du nord de la France. Dès le millésime 2021, la production a pu revenir à l’objectif initial avec une élaboration reposant exclusivement sur l’orge cultivée sur les terres de la Pèze.
Aujourd’hui, le Domaine de la Pèze s’impose comme l’un des projets les plus passionnants de la scène française, porté par une quête constante d’authenticité et par la volonté de faire parler le terroir aveyronnais à travers chacun de ses whiskies.

Moyssou 2021 – 46%
Élaboré à partir d’orge maltée à la Malterie du Vieux-Silo dans le Tarn, brassé par la Brasserie La Hocq à Saint-Christophe-Vallon en Aveyron puis distillé au domaine, ce whisky a vieilli trois ans en ex-fût de cognac, entre sa mise en barrique en février 2023 et son embouteillage en février 2026.
A noter que toutes les cuvées Moyssou millésimées sont vieillies en fût de cognac de chez Lheraud, de la tonnellerie Navarre pour avoir une constance sur la qualité des bois.
Nez
Très frais, très agrumes avec un côté légèrement confit sur les coings, les prunes, les citrons, les poires auxquels vont venir s’ajouter des arômes bien entendu plus malté, on reste sur un whisky relativement jeune.
Malgré son jeune âge, cela reste assez complexe et agréable, on y trouve un côté légèrement sirupeux et fruité en fait, c’est plutôt gourmand et brioché. Un fin caramel, du miel, de l’huile d’amande, de la vanille, du sous-bois, des cendres et quelques épices naissantes viennent ajouter une belle complexité à l’ensemble.
J’aime assez bien ce nez, c’est plutôt parfumé et frais, très fan !
Bouche
Encore assez fruité avec les fruits du verger comme les pommes et poires, pas mal d’agrumes légèrement amers, grosseilles vertes et autres abricots et prunes légèrement compotés.
Le tout sur un profil remativement brioché, malté et gourmand encore, où l’on retrouve plus le côté boisé qu’un nez, avec quelques fines épices, un boisé naissant, des fruits à coque, de la réglisse et un petit côté cendré.
L’alcool est plutôt bien fondu, ça reste vraiment très agréable !
Prix
80€
Conclusion
Très chouette jeune whisky, dans l’idée ça peut faire penser à des Waterford, le côté wtf des fûts en moins… J’ai trouvé ça très agréable, très printanier. Bravo !
Score

Moyssou 2023/2026 – 62.2%
Cette cuvée expérimentale a été élaborée à partir d’orge issue de la malterie locale afin de mieux appréhender son potentiel et de disposer d’une alternative en cas d’aléas climatiques affectant les récoltes du domaine. Son vieillissement a été réalisé dans un ancien fût de Pineau des Charentes provenant de chez Lhéraud.
Nez
Concentré, c’est le mot qui vient directement à l’esprit…. suivi de vif, car oui le brol est assez vivant si vous voyez ce que je veux dire, ça reste un jeune brut de fût 🙂
Mais le pineau à clairement bien marqué l’eau-de-vie de son empreinte: c’est gras, confits, parfumé, envoutant, avec une belle sucrosité et ça donne hyper envie de s’y plonger directement.
Les dattes, pruneaux, abricots, raisins secs, caramel côtoient la compote de pommes, la vanille, les fruits à coque, le chocolat au lait, le caramel, le pain grillé et les cendres.
C’est vraiment très très gourmand… j’aime beaucoup même si le nez est peut-être légèrement trop puissant à mon goût.
Bouche
Vif, mais sans que cela n’en soit exagéré, on se retrouve avec une bouche qui laisse plus de place aux arômes classiques du jeune whisky, enrobé d’une grosse gourmandise autour des fruits confits, des agrumes confits avec une très grosse orange hyper parfumée, des fruits à coques caramélisés et du chocolat noir intense.
Ensuite viennent les notes de malt torréfié, des fruits légèrement acidulés, une subtile touche fumée et un boisé plus affirmé. L’alcool reste bien présent, peut-être un peu trop envahissant en fin de bouche. Malgré cela, l’ensemble est très réussi !
Prix
115€
Conclusion
Très chouette « jeune » whisky qui aura été remarquablement marqué par ce pineau qui devait être crapuleusement bon 😋Ca fera un très beau réconfort lors de longues soirées froide de l’hiver 🙂
Score
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