Les plus attentifs auront remarqué que j’avais commencé le précédent article en annoncant qu’il s’agissait probablement du dernier sur un Caroni, la valeur de ces derniers devenant compliqué à budgétiser pour ce modeste blog… Sauf que c’était sans compter mes anciens samples ! Et donc me revoici, à fond dans la conhérence donc, de retour avec un article sur …Caroni 🙂

Et pas n’importe lequel, car il s’agit d’une version commercialisée entre 1957 et 1960 par Tate and Lyle Group, une société qui était propriétaire de la sucrerie Caroni, et de facto, de la distillerie dans ces années là. Rien que ça … oui.

Dégustation rendue possible grâce à Steffen Mayer qui organisa le 21 aôut 2021 une dégustation mythique au café Einstein de Berlin. Lors de cette soirée, les convives eurent l’occasion de découvrir de belles reliques de la défunte distillerie: White Magic 43%, Felicite Gold, Legend 2000, Stallion Puncheon Rum, des samples de bulk provenant de chez Scheer et pas mal d’autres pépites dont ce Navy Rum 90° Proof.

Imaginez la soirée d’anthologie où bon nombre de passionnés se sont retrouvés dans cet endroit fort sympathique, aux côté de bouteilles mythiques… le pied total.

Alors pour le coup, je n’y étais pas mais j’ai eu la possibilité de faire revenir 2cl de ce Navy Rum que j’ai conservé précieusement chez moi, telle une relique, afin de trouver LE moment pour découvrir cela.

Et c’est donc assez naturelement que je me suis tourné vers mon ami Hubert Corman pour lui proposer de partager ce moment d’histoire. Je vous propose donc le retour de dégustation de ce beau moment entre passionnés.

Disponible donc il y a plus de 60 ans, ce rhum se voulait être un instantané de la distillerie avec dans ce cas ci un haut degrés d’alcool pour l’époque: 90° proof (51.4%). Une autre version plus légère « 75° proof » existe aussi et titrait +- 43%

Attention que malgré son nom, il ne s’agit pas d’un blend Demerara/Trinidad/Jamaïque, mais bel et bien d’un rhum produit à 100% chez Caroni. On ne connait pas l’âge exact de ce rhum, mais j’imagine quelque chose de plutôt jeune.

Comme on peut le voir ci dessus, les publicités de l’époque étaient plutôt sympas et proposaient de « contrer le froid » avec ce Caroni Navy Rum… tout un programme 🙂

Nez

Le premier nez nous laisse une forte impression de vapeurs d’alcools… un rhum aussi vieux à besoin de temps et d’aération et nous lui laissons donc tout son temps sans le brusquer.

Ensuite, le caramel beurre/salé, les fruits dont l’orange et la mangue, le sucre brun, la pâte d’amandes et un côté grillé nous fait directement plus penser à un gros Demerara qu’à un Caroni en fait.

Avec le temps, nous découvrons un profil plus torréfié, avec une pointe de réglisse et même de moutarde légère. J’y trouve de mon côté un côté eau de vie de quetsch et de prune, c’est très étonnant et cela ferait presque penser à un Port Mourant sur certains points.

Enfin, un profil très confiserie, fruits ultra confits présentant une acidité venant de la rhubarbe donne un côté très « chique » à ce rhum.

L’alcool est plutôt bien intégré et ce nez promet vraiment quelque chose d’intéressant ! Nous sommes plutôt agréablement surpris.

Bouche

La bouche est plutôt douce au regard des 51 % et nous présente quelques légères traces de caoutchouc, de brûlé, de caramel, de colle, d’eau saumatre voir croupie et même étonnamment de pain mouillé.

Le boisé se fait assez dicret et le fruité est nettement moins présent que ce que le nez nous aurait laissé supposer.

La finale n’est pas très impresionnante et propose des arômes de rouille et d’eau ferrugineuse.

Prix

Pas d’application

Conclusion

Nous avons ici un Caroni au profil bien éloigné de ceux que nous connaissons en 2022. Aucune trace « dirty », un boisé maitrisé et un nez très prometteur et intéressant pour une bouche légérement en deçà.

Il faut bien entendu toujours garder en tête ce que nous sommes en train de déguster, il s’agit ici d’un rhum d’un autre temps et surtout prévu pour une toute autre utilisation que celle dont nous en avons fait ce jour.

A la base, c’est pour réchauffer les gens ou mélanger dans du café… Décortiquer ce rhum comme nous l’avons fait est bien entendu ultra intéressant, mais ce dernier n’a pas été produit pour cela. Il est donc logique de lui trouver une longueur ou une bouche plus faible.

Dans tous les cas, cette dégustation pour un amateur de Caroni comme moi est un moment magique, énorme merci donc Steffen d’avoir ouvert et splitté cette bouteille d’anthologie, et merci Hubert de m’avoir accompagné sur cette dégustation !

Merci aussi de m’avoir permis de shooter quelques pages de sa bible sur Caroni – 100% Trinidad Rum !

Note

Pas d’application

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