Quand au détour d’une conversation avec l’homme à la poussette, tu apprends qu’un voyage pour la Barbade organisé par Plantation est en train de se mettre en place pour le groupe Plantation Rum Addict, tu te dis que ces gens là sont quand même ultra cools et passionnés. Et puis quand on t’annonce que tu sembles faire partie des plans du célèbre embouteilleur / distillateur français avec l’équipe du single cast, je dois bien vous avouer que tu passes en mode « Overproof » dans la seconde !

Autant vous dire que le jour de l’invitation officielle, la réponse aura été aussi rapide que ma joie de faire partie de cette aventure grande !

Je vous propose donc ce petit article en 2 parties afin de vous retracer tout cela à ma façon, le tout agrémenté de photos, inclinées comme il se doit bien entendu.

Tout commence à Orly où je rejoins Matthieu, Melissa et Alexandre de Plantation pour manger un bout et regarder France/jesaisplusqui au rugby… Premier match entier que je regarde, j’ai trouvé ça relativement sympa même si je n’ai rien compris 🙂

Dans tous les cas, l’ambiance est au beau fixe et tout cela se termine avec une belle gueuze de chez Tilquin et une dégustation de rhums improvisée dans le hall de l’hôtel.

Ensuite, dodo car le lendemain, 14 heures de trajet nous attendent pour rejoindre la Barbade. Je vous passe les détails de celui ci, classique et sans encombre.

Le temps de poser nos bagages…enfin, pour ceux qui les ont reçus, et nous nous retrouvons en compagnie d’Alexandre Gabriel qui nous revient de Miami où il donnait quelques masterclass. S’ensuit une dégustation des futurs singles cask 2022 dont un Trinidad vraiment top, agrémentée de tout un paquet de discussions diverses et variées autours de notre passion commune.

Et que dire de ce personnage, réellement passionné, passionnant, attachant voir même émouvant…. et je ne dis pas ça parce qu’il nous a invité au frais de la princesse, non je le pensais déja lors de mon premier échange avec lui l’année passée. Un réel plaisir poursuivi par l’enregistrement d’un épisode du single cast où il se remémore ses premiers moments sur l’île et la façon dont les choses évoluent là bas.

West Indies Rum Distillery

Lundi matin, les choses sérieuses commencent, nous avons droit à une visite complète de la West Indies Rum Distillery (WIRD), rien que ça !

Fondée le long d’une superbe plage en 1893 par un immigré européen, George Stade, WIRD se retrouve d’emblée à la pointe grâce à ce monsieur qui débarque sur l’île avec toute une série de brevets liés aux alambics et à l’art de distiller.

Ce dernier apporte donc son savoir faire et commence tout doucement à se faire une belle place sur l’île, distillant différents rums pour le marché local. Curieusement, il ne pouvait vendre pas sous sa propre marque mais, gage de qualité, les différents embouteilleurs n’hésitaient pas à apposer son nom sur leurs bouteilles.

Malheureusement pour lui, la suite fut moins glorieuse et il mouru ruiné en allemagne… voila, c’était la séquence ambiance de l’article 😅

La suite: achats de nombreux alambics dont le mythique Rockley Still, un Vulcan, une colonne Blair et reprises de distilleries pour arriver jusqu’à 95% de la production de rhum de l’île. Enfin, en 2017 la distillerie est rachetée par Maison Ferrand.

Et Alexandre n’est pas venu en conquérant après ce mariage, mais avec plutôt pas mal d’humilité semble t il. L’ancien directeur reste en effet en place ainsi que toute l’équipe, et ce alors que la distillerie a du mal à tenir.

Une restructuration est envisagée, les tarifs avec les clients revus et l’énorme colonne à distiller qui produisait un rhum plutôt léger est abandonnée. Ensuite, 628 projets émanant de la bouillonante cervelle du nouveau propriétaire virent le jour 🙂

Sur place, nous sommes reçus par le directeur de la distillerie, Andrew Hassell qui va nous exposer les différents « facts » de la distillerie.

On apprend ainsi que WIRD représente, en 2022, 85% de la production de rhum blanc de l’île. Rhum blanc qui était le plus souvent envoyé directement à ses différents clients sans réelement rester à la distillerie. WIRD n’avait en effet pas pour vocation de faire vieillir son rhum sur place, raison pour laquelle il n’y a pas spécialement de vieux millésimes dans les chais.

Mais depuis la rachat, Maison Ferrand commence à mettre en place cette pratique et nous pourrons aller voir quelques uns des 21.000 fûts stockés là bas.

Pas mal d’autres pratiques seront également remises au goût du jour avec notamment la fermentation à l’air libre de mélasses dans de grande cuve en bois de cèdre du Mexique, la culture de différentes levures, la fermentation de mélasses mélangées avec un peu d’eau de mer, l’affinage de rhum blanc le long de la plage, réhabilitation du Rockley Still etc…

Ensuite, nous en profitons pour déguster différents échantillons de mélasse de Type A à C (de la plus sucrée à la plus réglissée), exercice plutôt intéressant car on en trouve pas vraiment facilement ce genre de choses chez nous.

Le truc génial avec cette visite est que nous avons accès à tout, et ce en compagnie d’Alexandre qui n’hésite pas un instant à répondre à nos questions.

Il ira même juqu’à nous ouvrir la mémoire de la distillerie, la fameuse Vault, pièce coffre fort où sont regroupées bon nombre d’archives qu’Andrew et Alexandre adorent décortiquer.

Passé l’énorme foudre le long de la plage, celui qui accueille le Stade’s Blanc pour un affinage en douceur et ensuite la tonnelerie de la distillerie, nous nous dirigeons tout doucement vers le coeur de celle ci. Clairement la partie la plus sexy pour les geek que nous sommes…

Le moment où ça va commencer à sentir les mélasses fermantant à l’air libre, là où il va y avoir du bruit, de la fumée, des vapeurs, des alambics et de délicats parfums de levures.

Et on peut dire qu’on aura été plus que gâtés. Des énormes vat de fermentation en passant par tous les alambics de la distillerie, la nurserie de levures, les tanks de mélasse pour terminer sur une dégustation de rums High Esters, tout y était.

Sur ce dernier point, je serai d’ailleurs bien reparti avec un fût de 4 ans pour lequel j’ai complétement craqué. Alexandre, si tu me lis, c’était celui le plus à gauche 😁

Fait assez étonnant lors de cette visite, chaque mètre carré semble utilisé dès que possible. On peut tourner la tête n’importe où, il y aura toujours une cuve remplie de mélasse ou encore un alambic dans un coin, c’est assez bluffant.

Ensuite, nos convives nous avaient préparé un très bon lunch et nous avons eu l’occasion de déguster les nouveaux Stade’s rum en bord de plage… Que demandez de plus ? Bah peut être ma valise perdue à Amsterdan non ? Et c’est exactement ce qui arrivé, pas belle la vie ?

Voila donc une superbe façon de clôturer cette très belle visite d’une distillerie bien vivante où tout le personnel semble aller dans la même direction avec une fierté incroyable. Très beau à voir, je me réjouis vraiment de voir la suite !

West Indies Central Sugarcane Breeding Station

La journée du lendemain sera quant à elle marquée par le sceau de l’agriculture ! En effet, nous allons nous concentrer sur deux aspects que Plantation a à coeur de mettre en place, une certaine durabilité dans ses approvisionnements et redynamiser les industries de la Barbabe en misant sur le local.

Un premier partenariat entre la West Indies Central Sugarcane Breeding Station et WIRD a été mis en place, il s’agit pour eux de travailler sur deux axes principaux: le jus de canne et la mélasse.

Pour commencer, WIRD a financé un moulin pour broyer les cannes du domaine et ainsi récolter le jus de cannes, ceci dans le but de mener certaines expérience en distillant du pur jus ou du sirop.

Pour ses mélasses, un partenariat a été aussi mis en place avec eux afin de sélectionner la meilleure variété possible de canne afin de favoriser le produit final, dans le cas de WIRD, la mélasse.

En effet, cette institution a pour but de proposer diverses sortes de cannes à ses clients afin de palier au plus de demandes possibles. Des cannes moins fibreuses, des plus sucrées, des cannes qui pourront arriver à pleine maturation dans différents milieux etc.

Pour ce faire, ils ont 3600 sortes de cannes différentes, et continuent à croiser certaines espèces afin d’analyser les rendements de celles ci. Ils ont eux même des partenariats avec d’autres institutions à travers le monde où ils s’échangent des variétés ainsi qu’un bon paquet d’informations.

Donc l’idée est aussi de travailler avec eux sur le développement de « cannes à rhum » qui pourront donner les meilleures mélasses possibles. Pour le moment, les cannes sont en effet uniquement là pour un rendement optimum du sucre, et non des mélasses.

A terme, ce partenariat pourrait déboucher sur des cannes à sucre spécialement conçues pour la mélasse.

Nicholls Farms

Autre partenariat local, un ferme de coco afin de réaliser le fameux « Cut & Dry » de Plantation, un rhum vieux infusé aux noix de coco.

Avec la Nicholls Farms, Plantation s’engage à lui prendre le plus de coco possible à un tarif plus élevé que la normale car il faut laisser plus longtemps les cocos sur l’arbre. En effet, pour confectionner les Cut & Dry, Plantation à besoin de coco plus matures.

Il aura fallu presque 4 ans et pas mal d’essais râtés pour développer ce rhum infusé, pour le moment uniquement disponible sur l’île. Et croyez moi, ça vallait bien la peine car ça claque bien en coktail cette petite chose 😋


Voici que prend fin cette première partie du Plantation Bajan Tour 2002, partie qui met en lumière les atouts et partenariats de la distillerie WIRD.

Mais comme nous sommes tous des passionnés, ils n’ont pas hésités un instant à nous montrer les autres aspects de l’île, ainsi que les trois autres distilleries. Franchement, respect car ils auraient tout à fait pu laisser tout cela sur le côté. Preuve d’une belle ouverture d’esprit et d’une passion sans faille, bravo à eux car ce n’est pas toujours le cas dans le milieu !

Rendez vous dans quelques temps pour que je vous explique cette deuxième partie.

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