Tortuga 3 Caroni 1998 24YO Mizunara Finish

Nous revoici déjà pour une nouvelle dégustation venue de chez Precious Liquor, et une fois encore, on sort l’artillerie lourde. Après le Port Mourant de 26 ans, qui avait bénéficié d’un finish de quelques mois dans un fût pour le moins particulier, je vous propose aujourd’hui de découvrir ce qu’il contenait auparavant. Car avant d’accueillir ce Demerara vénérable, ce fameux fût abritait un autre vieux brol: un Caroni 1998, qui aura passé les vingt derniers mois de sa vie dans un fût de Mizunara. Autant dire que la curiosité est grande… et les attentes aussi.

Le Quercus mongolica, plus connu sous le nom de mizunara, est un chêne originaire du Japon, utilisé pour fabriquer certains fûts de vieillissement de whisky et parfois de rhum. C’est un bois assez capricieux, qui peut poser assez bien de souci aux gens qui veulent l’utiliser pour faire vieillir des spiritueux.

Le mizunara pousse principalement au Japon et en partie en Asie du Nord-Est. Son nom signifie littéralement « chêne d’eau », car le bois est très poreux et retient beaucoup d’humidité.

Quelques particularités :

  • Bois très poreux → les fûts fuient facilement au début.
  • Arbre qui pousse lentement → souvent plus de 200 ans avant d’être exploitable pour la tonnellerie.
  • Difficile à travailler → il se fissure facilement.
  • Extrêmement cher → un fût peut coûter plusieurs milliers d’euros.

Ce côté imprévisible explique pourquoi il a longtemps été utilisé surtout au Japon, notamment par des distilleries comme celles du groupe Suntory.

Ici, nous allons découvrir ce que ce type de fût aura amené à un vieux Caroni du millésime 1998, qui titre 58.1% d’alcool et qui aura été mis en bouteile en …. 2023, oui, ne me demandez pas pourquoi on en aprle que maintenant 🙂

Nez

En plein de le Caroni bien gras, avec pas mal de notes dirty, comme les huiles de garage, le caoutchouc le tout enrobé de miel, de caramel, de chocolat, de fruits à coque grillés. Ensuite, les fruits arrivent, bien compotés comme les abricots, la mangue et une touche de rhubarbe.

L’eucalyptus arrive ensuite et apporte pas mal de fraicheur qui permet de laisser respirer l’histoire. Le boisé est bien entendu de la partie, feuilles de tabac, sous bois, laque pour bois, pas mal de cuir mais aucune trace de tortues alors que c’est bien indiqué sur l’étiquette… Étonnant.

Les 58% d’alcool sont biens, tout cela semble bien intégrés.

Bouche

Encore une fois, la bouche ne saurait mentir l’origine de ce rhum, tant nous sommes confrontés aux marqueur habituels de chez Caroni. Une forte influence boisée donnant un côté très rustique à l’ensemble avec le vieux chêne, la térébantine, les huiles de garage, le caoutchouc, les arômes de sous-bois, le cuir, le menthol et le cendré.

Derrière cette facette sombre et austère, les fruits parviennent malgré tout à se frayer un chemin, avec une belle présence d’abricot et de pruneau, accompagnés de touches de mangue et de banane verte et une touche de liqueur de rose. Assez bien de cassonade, d’épices de Noël et encore ce miel bien plaquant mais hyper agréable.

La finale est plutôt soutenue sur les fruits confits, le caramel et le sucre brun… délicieux.

Prix

+- 991,59€

Conclusion

Très beau Caroni, mais clairement dans une autre dimension côté tarif : on est ici sur un niveau de prix totalement hors de portée du commun des mortels… On est très, très loin de l’époque bénie des Caroni à 90 € 😄

Concernant le mizunara, mon humble palais n’a pas perçu un Caroni radicalement transformé par rapport à d’autres embouteillages de la distillerie. Cela reste néanmoins très bon, avec une belle exécution et une personnalité toujours solide.

Score

90/100



N’hésitez pas à vous abonner à la newsletter pour recevoir toutes les prochaines publications dans votre boîte mail 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *