Some Kind Of Versailles

Dans la famille des anciens alambics de distilleries éteintes, j’appelle ce soir le single wooden pot still Versailles pour un petit lineup proposé par Distilia ! En effet, ce sera 3 embouteillages autour du même thème, avec des rhums relativement vieux allant de 28 ans à … 36 ans ! Et oui, l’air de rien ça commence tout doucement à plus rigoler dans les comptes d’âge. Après, comme toujours cela ne veut pas dire pomme de terre.

Nous n’allons pas faire tout l’historique de cet alambic, j’en ai déja touché un mot ici et un peu au travers d’autres sympathiques dégustations.

Par contre, je peux vous toucher un mot de la série « Greenheart » de Distilia qui ne comporte justement QUE des rhums venant de ces deux alambics… C’est en effet le nom du bois utilisé pour le coffrage de ces deux légendes. Récolté en Guyana et au Suriname, cet arbre est hyper résistant à l’humidité et étaient assez utilisé au 17em siècle pour les alambics justement.

Il ne resterait que 3 alambics en bois sur terre, et les trois sont chez DDL justement !

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Versailles MEV 1985

Distillé en 1985 à la distillerie Enmore, ce rhum est du mark MEV (Main Enmore Versailles) et présente donc une couleur relativement pâle car aucune louche de mélasse ne sera passé par là 🙂 Ce rhum âgé de 36 ans titre toujours 50.4%… et waw merde !! 36 ans quoi !

Nez

Classique des versailles non saucés, on retrouve pas mal de notes fruitées comme la poire/pomme/citron jaune et une belle rasade de vanille. Ensuite, pas mal de fraicheur avec assez bien de menthol, eucalyptus le tout accompagné d’un boisé présent mais pas omniprésent malgré les 36 ans dans un fût.

Bien entendu, on retrouve des traces de tabacs, un côté poussiéreux, de la pierre de silex, herbes sèches, cire et un côté vieilles huiles de garage.

Pas mal de trucs à dire dans ce nez plutôt complexe et avec un alcool bien intégré.

Bouche

Profil plutôt gras où on va pouvoir retrouver quelques traces fruitées, d’olives, une légère anchoiade, fruits secs, massepain cuit, et toujours cette fraîcheur mentholée accompagnée de ce que pourrait goûter une mine de crayon (HB).

J’ajouterais un côté légèrement oxydatif comme on peut retrouver dnas une gueuze ou un vin du Jura. Léger mais très sexy 🙂

La finale, est saline, iodée et légèrement amère avec une pointe herbacée et un alcool incroyablement intégré… Vraiment un grand spiritueux !

Prix

Vu le set des trois vendu à 2150€, j’imagine que ce MEV 1985 coûte à lui seul 1050€.

Conclusion

Que dire, vraiment un très beau spiritueux mais qui coûte deux bras ! Si vous avez les moyens, allez y gaiement car c’est probablement un des plus beaux Versailles que j’ai dégusté mais bon…. chaud quoi 🙂

Score

Score: 91/100

Rapport qualité-prix: 82/100

Versailles MEV 1990

Encore un mark MEV mais distillé en 1990, l’année où Senna aura volé le titre à la Scuderia et titrant 51.6%. Toujours distillé chez Enmore bien entendu, y’a pas de raisons que ce soit ailleurs au final vu l’année, et bien avec l’alambic Versailles 🙂

Nez

Nez avec une sensation plus sucrée que le précédent, sans bien entendu tomber dans la liqueur de grand mère… restons mesuré dans nos propos !

Je lui trouve un côté bien plus passe-partout qu’attendu, limite il me ferait penser à un Diamond distillé en colonne. On va retrouver pas mal de fruits encore une fois mais avec quelques notes plus tropicales telles la banane compotée avec un côté beurré/biscuit betterfood. En mode panade, bien sympa pour le coup mais panade tout de même.

Ensuite, la mine de crayon refait son apparition, la vanille, le tabac, le silex, les herbes de provences, le citron, la menthe, le chocolat au lait et encore un aspect poussiéreux.

Alcool hyper bien intégré et pas trop d’amertume.

Bouche

Là on retrouve directement plus le profil Versailles avec un côté cuivré, salin, iodé, fruits du verger, boisé sec, chocolat noir légèrement amère, olives noires, muscade, vanille, beurre et encore cette mine de crayon.

La finale nous épargne du boisé humide tant redouté sur ces profils pour nous laisser avec un beau massepain cuit, quelques fines herbes et un léger caramel… Miam miam pour tout dire 🙂

L’alcool est encore une fois très bien intégré et le profil très brioché rend le tout bien gourmand.

Prix

500€

Conclusion

Versailles généreux et pâtissier, sur un profil plutôt classique mais rudement efficace. Ce genre de profils devraient d’ailleurs vachement plaire à des amateurs de whisky.

J’y trouve limite un côté Ben Nevis (ou autre hein, j’y connais pas grand chose mais les gens qui sachent me comprendront…enfin, si ils me lisent)

500€ pour un rhum de 31 ans, en 2023 je trouve ça limite correct en fait. Mais bon, qui peut se premettre de claquer 500 balles dans une bouteille de rhum ? Moi qui vient d’en claquer 100 dans l’hébergement de ce site, ce sera malheureusement sans moi 🙂

Score

Score: 90/100

Rapport qualité-prix: 85/100

Versailles REV 1994

Et nous voici déja avec le dernier de ces rhums, c’est fou comme le temps passe vite quand on se plait bien hein ? Et pour ce line up j’ai décidé de laisser ce bon gros REV de 1994 pour la fin…. En effet, ce profil est souvent associé aux Versailles bien saucés comme le superbe mis en bouteille par Rum Artesanal. Je préfère donc laisser ce genre de gros profils pour la fin…les deux MEV étant plutôt fins dans leur approche, ça aurait été dommage de les écraser avec les relents de ce dernier 🙂

Rum Enmore Versailles pour REV et 50.2% d’alcool.

Nez

De fait, on est directement dans le Versailles bien plus gras et chargé en arômes de chiques de coca, de moka, de caramel brûlé, de réglisse, de fumé, du torréfié, d’encaustique, de cire, orange sanguine, de chocolat noir, de cassis, de cuir, mélasse et de fenouille.

L’alcool est encore très bien intégré, j’adore ces rhums dans les 50-55% où on allie puissance et finesse.

Bouche

La bouche est plus monolithique en fait, on retrouve bien entendu un bon gros boisé tirant sur le chocolat noir, la réglisse, des épices, de l’orange sanguine, l’olive… et puis sa s’arrête un peu là malheureusement.

La longueur est pas mal avec encore un gros chocolat noir amère, du cuir, quelques traces de cassis, d’iode, de vanille et de caramel brûlé.

Prix

600€

Conclusion

Il me fait moins voyager que ce que le Rum Artesanal de l’époque avait fait, sympa mais sans être un monstre comme certains REV peuvent l’être.

Score

Score: 86/100

Rapport qualité-prix: 75/100

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