Rerpise des sessions diverses, ça faisait quelques temps que je n’avais plus fait un lineup « of pas mal de choses » et du coup, j’avais envie de m’y remettre un peu. J’ai donc été obligé d’affronter les plein milles samples que j’avais en attente afin d’en sélectionner quelques-uns, histoire d’avoir un linup un peu cohérent… Ce qui n’est pas nécéssairement chose aisée tellement d’autres me faisaient de l’oeil aussi.

Verdict, je décide de me pencher sur le cas de deux versailles, un très vieux et un plus jeune proposé par Distillia et Barikenn. Deux VSG continentaux non saucés…

Ensuite, tant que j’étais chez notre ami breton, je décide de continuer avec un rhum agricole de Madère en provenance de chez Engenho Novo et enfin un Foursquare sélectionné par Les rhums du sud / Guillaume de Roany chez notre ami Richard, en Barbadie du sud est 🙂

Bref, trois destinations assez différentes pour ces quatres cuvées 2022… voyons voir comment tout ce beau monde se débrouille 🙂

Guyana VSG 1988 – 48.2%

Distillé à partir de l’alambic Versailles, je suppose que ce dernier est un VSG mais rien n’est moins certain… dans tous les cas, il provient de chez Enmore et a été mis en bouteille après 32 ans par Distilla. Ce vénérable Demerara Rum titre 48.2% et cela me semble bien pour débuter non ?

Nez

Nez assez discret au début mais qui s’ouvre sur pas mal de fruits, principalement des zestes d’agrumes comme l’orange ou encore le citron jaune ainsi que de la pomme verte, des groseilles vertes et même une pointe de rhubarbe.

Quelques notes plus boisées font leur apparition mais cela reste tout à fait gérable pour un si vieux rhum.

Du tabac, un fin boisé, de la poudre de cacao, de la vanille, des fleurs sechées, une colle pritt ainsi qu’un léger côté métallique sont à noter aussi.

L’alcool est plutôt fondu et ce nez assez parfumé.. j’aime !

Bouche

La bouche est plutôt classique pour un Versailles, à savoir: un côté beurré/brioché, des fruits à chaire blanche, une légère olive, un boisé humide, une pointe de réglisse, une salinité marquée et enfin une finale métalique…

Voila en gros ce que j’attend d’un Versailles non saucé et c’est exactement ce que nous avons ici. Niveau surprise, on repassera donc mais au final, il vaut mieux ça qu’une mauvaise surprise 🙂

La finale est plutôt soutenue et toujours aussi saline et légèrement amère mais très agréable.

Prix

450€

Conclusion

Très bon vieux Versailles, on est clairement dans le genre de rhum difficilement manquable à l’aveugle tellement on retrouve ce qu’on apprécie dans ce genre de produit.

Après, ça a 32 ans et donc cela a forcément un certain coût, mais au final 450€ ne semble pas si exagéré à l’époque actuelle.

Score

89/100


Guyana VSG 2012 – 62.3%

Fût frère du Versailles 2012/2020, ce dernier est âge de 2 ans de plus et titre un costaud 62.3% là où le frérot titre « seulement » 58.9%

Nez

Pareil que le précedent, ça sent le Versailles mais je dirais qu’ici c’est peut être légèrement moins flagrant en fait.

Les fruits à chaire banche sont toujours bien là, accompagnés d’une légère olive et de saumure, de vanille, d’herbes fraichement coupées ainsi qu’un boisé fin mais avec une sucrosité que le ’88 ne présentait pas.

Le nez semble bien plus lourd et chargé en fait, et bien sur l’alcool bien plus présent vu qu’on fait quand même un grand bon dans les watts.

Avez l’aération, une belle pâte d’amande vient faire coucou avec de l’ananas rôti ainsi qu’un côté très citron confit… c’est probablement cela qui me donne cette impression de sucrosité.

Un nez fort intéressant en chaleureux en fait…. et plutôt gourmand, ça semble bien sympathique tout ça !

Bouche

En bouche, c’est déja plus vif… ça chauffe bien !

Le côté caramel/beurre salé est toujours présent ainsi que pas mal de fruits comme la pomme, la pêche, l’ananas et la banane verte et des épices comme la vanille et la muscade.

Le côté métalique que l’on peut trouver sur certains Versailles semble plus discret mais on détecte un côté iodé, saumure, tapenade présent sans que cela n’écrase tout.

C’est bon, mais ça fouette quand même un peu, dommage.

Prix

97€

Conclusion

Chaud, je trouve que ce Versailles aurait mérité quelques degrés de moins… enfin, pour moi en tous cas. Bien que présentant pas mal de belles qualités, je pense que le plaisir de dégustation en est un peu diminué par cet alcool probablement trop présent.

Dommage car le profil semble vraiment sympa. A conseiller aux palais moins sensibles que le mien 🙂 🙂

Score

86/100

Engenho Novo 2016 – 53.4%

Départ pour Madère mais cette fois ci plus chez Engenhos Do Norte mais chez Engenho Novo 🙂 Mis en bouteilles par Barikenn, ce rhum âgé de 6 ans titre 53.4% et a vieilli intégralement en ex fût de porto sur l’île.

Nez

Chargé, c’est le moins que l’on puisse dire 🙂

C’est plutôt gourmand, chocolaté, torréfie avec de belles notes de fruits confits, de rancio, de réglisse, de dattes, de raisins secs, de pruneaux et une belle grosse sucrosité.

Ensuite les notes de fruits noirs comme les cerises, les mûres jonglent avec des côtés plus poudre à canon, chocolat et un côté limite violette en fait.

Donc oui, nez plutôt chargé… on sent effectivement que le porto a probablement beaucoup transformé le rhum d’origine.

Bouche

La bouche est très grasse, limite sirupeuse…. je trouve qu’on frôle même écœurement en fait.

Le chocolat noir, les fruits secs, les fruits noirs, la vanille, la cannelle, la pâte d’amande, la réglisse, les épices de noël et un gros caramel donne un côté très sombre et gras à ce rhum.

Et j’avoue que c’est probablement trop pour moi, ça donne une consistance trop sirop. Le jour où j’ai envie de quelque chose d’aussi lourd, je préfère un excellent Sherry en fait 🙂

Prix

85€

Conclusion

Too much, c’est ce que je retiendrais de ce rhum qui est à la limite d’être une liqueur … Barikenn a sa cuvée privilège en fait 🙂

Pour ceux qui aiment, franchement faut pas hésiter car on est limite pas loin mais avec plus de peps. Personnellement je trouve cela trop, question de goûts.

Score

83/100


Foursquare GDR 13 ans – 61.2%

Enfin, nous terminons avec un Foursquare qui sera resté toute sa petite vie sous les tôles des chais de la distillerie Foursquare à la Barbade. Titrant 61.2%, son rapatriement en France a été fait en bâteau à voile et la sélection faite par Guillamue de Roany pour les Rhums du Sud.

Nez

Premier contrôle on est bien chez Richard, ça pue clairement bon le gros Foursquare.

C’est hyper gourmand, c’est propre, c’est fruité, ça semble bien gras et rien en dépasse. Rien à dire, niveau technique ça tourne comme une horloge chez ces gens là.

Une pointe de solvants se marie avec un fin boisé et une belle rasade de fruits exotiques tels la coco, les agrumes, la mangue le tout accompagné d’épices, de vanille à gogo, de caramel, de poudre de cacao et de chiques au coca.

Bref, j’ai mis mon nez au dessus d’un Foursquare 🙂

Bouche

Le rhum est collant, concentré, gouaché, fruité et torréfié… à aucun moment les 61% n’agressent les palais, tout semble fondu à l’ensemble. Très belle maîtrise, mais qui en doute encore en dégustant un Foursquare ?

On retrouve une belle vanille bourbon, du chocolat caramélisé, de la mangue, de la papaye, de l’orange confite, des raisins de corinthe, encore du cola, du tabac et un fin boisé.

Rien de plus à dire, tout est bien équilibré et on retrouve tout ce qu’on cherche chez un Foursquare.

Prix

89€ (50 cl)

Conclusion

Que dire hormis que ce Foursquare est vraiment une belle réussite, à l’image de ce que la distillerie sait faire.

De plus, pour un rhum de 13 ans, je trouve le rapport qualité/prix plutôt sympa car cela nous ramène à 124€ la bouteille de 70 cl, ce qui n’est vraiment pas exagéré du tout. Bravo pour l’effort !

Score

89/100

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