Some Kind Of Diamond

Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’existe aucun des cultisimes « Some kind of… » consacré à la distillerie Diamond ! Alors que cette rubrique est lue quotidiennement par des centaines de passionnés de rhums assoifés d’articles, cette vénérable distillerie n’aura pas encore eu droit au chapitre !

Quel scandale me direz vous ! Et vous faites bien… voici donc justice rendue !

Un peu d’histoire

Fondé vraisemblablement autour de 1750 par un certain John Carter, la plantation Diamond est située sur la rive Est du fleuve Demerara et était une plantation de café à l’origine.

Fait assez drôle, il semblerait qu’il existait deux plantations Diamond dans le coin, avec des noms aussi originaux que Little Diamond et Great Diamond (Klein Diamant et Groot Diamant). Les deux disparurent en 1860 car racheté par un certain Loxdale Steele & Company et simplement rabaptisé Diamond.

Rendez vous compte, à l’heure où s’y retrouver dans les Demerara Marks est aussi simple et fluide qu’un texte de loi belge, nous avons failli avoir deux Diamond !

Tirant ses bénéfices principalement de la plantation de café jusqu’en 1830, la fondation de la distillerie Diamond n’a pas donc pas eu lieu avant le début du 19è siècle, période à laquelle la production de canne a sucre et donc de sucre et de mélasse commenca.

Enfin, en 1983 la Diamond Liquors Limited (Diamond) a fusionné avec Guyana Distilleries Limited (Uitvlugt) et leur filiale Demerara Distilleries Limited (Enmore) avec Demerara Distillers Limited (DDL).

Au fils du temps, tous les alambics des chez Uitvlugt et de chez Enmore ont été rapatrié chez Diamond respectivement vers 1999 et 1995. C’est à dire la wooden coffey still d’Enmore, le Single Wooden Pot Still Versailles, la colonne Savalle d’Uitvlugt, le Double Wooden Pot Still Port Mourant et quelques autres babioles j’imagine 🙂

Evidemment, toute cette introduction n’aurait pas été possible sans le travail de Marko et Nico… Formidable job les mecs, bravo !

Diamond 2003

Distillé en 1998 et mis en bouteille on ne sait pas quand par Bristol, ce Diamond de mark inconnu titre 40% et semble tout indiqué pour ouvrir cette dégustation.

Niveau détail, on n’en saura pas beaucoup plus, le verre transparent nous indiquera qu’il s’agit d’un gros Dark Demerara Rum et quelques sites évoquent 12 ans d’âge… Après, c’est pas bien grave non plus.

Nez

Profil très Demerara pour le coup, c’est caramélisé, torréfié, légèrement fumé avec une belle rasade de fruits tels l’orange sanguine, le citron, l’abricot, raisin de corinthe et une pointe de cerise kirsch.

Le boisé est présent avec quelques notes torréfiées et de tabac, de fruits secs ainsi que de subtils traces de vernis.

Le nez n’est en rien lourd, c’est très délicat et fin comme Bristol peut souvent nous habituer. La réduction à 40% n’a pas trop éteint ce jeune rhum, rien ne semble fade ou trop aérien, le rhum est bien gras et hyper gourmand sans tomber dans écoeurement justement.

Bouche

Entrée en bouche toute douce et gourmande où l’on va retrouver pas mal de raisins secs, d’agrumes avec une belle couche de caramel et d’épices de Noël.

La fin de bouche nous propose assez bien de fruits secs comme la peaux de noix et son amertume ainsi que le chocolat noir mais avec un léger voile mentholé qui évite de tomber dans le « too much » que l’on peut parfois trouver sur certains Dark Demerara Rum.

Evidemment, à 40% il n’y a pas trop de surprise et la finale n’est pas énorme… mais elle n’est pas non plus ridicule, je m’attendais à quelque chose de bien plus léger en bouche en fait.

Prix

+-70€

Conclusion

Chouette rhum pour découvrir le monde des rhums du Guyana avec une réduction à 40% plutôt bien foutue… Bon je l’aurais bien vu avec quelques watts en plus mais le profil n’aurait peut être pas été si équilibré j’imagine.

Score

85/100

Diamond 1996/2022

Première sélection et mise en bouteille officielle pour C’Rhum/Corman Collins depuis la reprise de la célèbre boutique, ce Diamond distillé en 1996 a été sélectionné avec Bristol Spirits.

Lors de la sélection, Quentin proposa à John Barrett de réduire sensiblement ce dernier, qui n’était déja pas très haut en degrés, afin de lui amener plus de complexité.

Mis en bouteille après 26 ans en fût, ce rhum titre 41.7% d’alcool et prend logiquement la deuxième place du line up.

Nez

Nez au profil plus lourd et complexe que le précédent Diamond. Avec le double d’âge ainsi qu’une mise en bouteille à un degré supérieur, cela ne semble pas étonnant dutout !

On retrouve bien entendu tout ce qu’on peut aimer dans un Diamond si vieux, à savoir un beau caramel, du fruité type agrumes, du café macchiato avec de beaux arômes de cola, des raisins secs gorgés de soleil, du gingembre, des épices de Noël, du tabac, des fruits secs comme l’amande et la noix, du boisé et du chocolat noir.

Le profil est plus sombre avec des notes de cuirs plus prononcées mais toujours aussi gourmand et plus brioché.

Impressionnant de « lourdeur » pour un rhum si léger en alcool au final, et un nez relativement envoutant et très équilibré. On ne tombe jamais dans l’exagération.

Bouche

La bouche est à l’image de ce qu’on pouvait espérer, un rhum bien huileux/beurré dans lequel on retrouve le fruité des oranges sanguines mêlé aux effluves de sucre caramélisé, de bois toasté, de fruits secs, de cola, de chocolat, de réglisse et de poivre blanc.

L’ensemble est très équilibré, très fin pour un rhum qu’on aurait imaginé probablement plus plaquant ou écoeurant.

Bien entendu la finale reste limitée au regard des 41.7%, mais elle n’est en rien minimaliste nous proposant une légère amertume de peau de noix et de vanille qui a tendance à bien marquer le palais.

Prix

295€

Conclusion

Très belle et courageuse première sélection, car proposer une réduction afin d’ouvrir encore plus ce rhum, au risque de paraître moins sexy sur le papier est vraiment à saluer.

Il est en effet assez rare de nos jours de voir ce genre de chose, là où la plupart des single cask proposés sont vendus « brut de décoffrage » afin de coller au maximum aux différentes tendances.

Moi je dis bravo… bon après, vous savez que j’aime particulièrement les rhums équilibrés et bien réduits, rien d’étonnant dans cette analyse donc, mais ça fait plaisir 🙂

Score

90/100

Diamond 2001/2019

Que savons nous sur ce Diamond… Hé bien qu’il a été distillé en 2001 à la distillerie Diamond et qu’il a vieilli en Europe jusqu’en 2019 où il a été embouteillé à 57.3% d’alcool, et ce sera tout !

Et au final, avons nous besoin de plus d’informations pour être heureux ? Je ne pense pas, moi en tous cas je suis heureux comme ça 🙂

Nez

Directement, les 18% d’alcool en plus par rapport au précédent sautent plus vite au nez… et ça a reposé quelques temps 🙂

Sinon, on retrouve clairement les mêmes arômes que les précédents avec une belle dose de mélasse bien réglissée, du cola, du chocolat noir, quelques épices mais avec un côté « brûlé » plus marqué et moins de fruits.

Je dirais que le profil me semble moins sexy et gourmand. On est plus sur quelque chose qui tend vers l’animal avec du cuir, du café très serré, des épices, du vernis et derrière tout ça quelques légères traces fruitées.

Bouche

De fait, l’alcool est plus marqué mais passé le premier feux, ça se calme. On retrouve pas mal de notes réglissée, boisées, brûlées et beurrées mais avec une présence plus facilement identifiable des fruits.

Le côté amère est par contre bien présent avec pas mal de chocolat très noir et de café sur une finale où l’orange sanguine laissera une belle empreinte.

Prix

Aucune idée, pas retrouvé de traces de tarif 🙁

Conclusion

Rhum plus sombre et puissant, agréable mais qui semble moins subtil et élégant que le ’96 de C’Rhum. Disons que c’est un autre profil qui est moins à mon goût.

Je n’y retrouve pas le côté « reviens-y » qu’on pouvait trouver dans le précédent.

Score

86/100

Diamond 2005/2022

Pour clore ce petit tour en « Guyanie », on va aller dans les trucs qui cognent avec une sélection Rum Of Anarchy de chez Nobilis.

Rum Of Anarchy, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un groupe facebook de passionnés qui organisent pas mal de soirées dégustation à thème sur la province de Liège, en Belgique.

Ayant fait une première soirée avec Nobilis, ils ont bien sympathisés avec ces braves Danois et se sont vu proposer une collaboration.

Salva et Alain ont donc sélectionné ce Diamond 2005 et les membres dudit groupe on pu acheter et avant première cette bouteille à un prix assez sympa. Sold out en 20 minutes apparemment, bravo !

Nous avons donc droit ici à un Diamond du Mark ‘SV’ distillé en 2005 et mis en bouteille par Nobilis en 2022 à 60.9% d’alcool.

Nez

Le nez semble plus fermé et alcooleux que les précédents, les 60% d’alcool sont assez présents donc.

On y retrouvera tout de même des notes plutôt beurrées, de la mokatine, de la réglisse, du cola, quelques notes de fruits exotiques, de la cire de bougie, un boisé bien toasté, un gros caramel bien plaquant, quelques notes plus épicées avec du poivre et du gingembre et du chocolat noir.

Le profil semble hyper concentré, je ne suis pas loin de me dire qu’une petite réduction n’aurait pas été de trop… en fait, si je me le dis mais bon, qui je suis moi hein ? 🙂

Bouche

Haaa de fait, ça pique quand même cette petite chose…. Ensuite, on retrouve tout ce qu’on aime dans un Diamond à savoir le fruité, le caramélisé, le boisé, les épices de Noël et un côté bien gras, gourmand et plaquant.

La réglisse, la vanille, le chocolat noir, le café serré, l’orange sanguine et un léger menthol viennent ensuite terminer la dégustation.

Prix

140€

Conclusion

Bah c’est bon, mais je reste convaincu que ce genre de choses doivent être légèrement travaillée… après, c’est peut être le cas, je ne sais pas mais je l’aurais plus réduit alors 🙂

La base est clairement bonne, mais il faudra un peu de patience pour affronter ce rhum. L’oxydation devrait bien l’aider par contre, curieux de voir ce qu’il donnerait une fois bien aéré.

Score

87/100

Merci à Travel & Rum pour la superbe photo du Nobilis 😉

2 thoughts on “Some Kind Of Diamond

  1.  »L’oxydation devrait bien l’aider par contre, curieux de voir ce qu’il donnerait une fois bien aéré »
    Alors pourquoi ne pas couper le sample dégusté en deux fois ? Une dégustation une semaine après du reste du sample n’aurait pas donné un peu d’oxydation ??

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *