Trois Rivières 2005 Cuvée Bèlè

Avoir la possibilité d’embouteiller un de ses rhums favoris doit être un moment spécial dans la vie d’un caviste…. Hubert Corman étant un grand amateur des rhums Trois Rivières, on se demande même pourquoi cela n’arrive qu’aujourd’hui !

Il aura fallu le bon moment, le bon fût et de belles discussions pour que cela arrive de la façon dont il le souhaitait.

C’est donc après quelques contacts avec la distillerie qu’un rendez vous lui est proposé à Paris avec Daniel Baudin. Ce dernier, maître de chais, lui amène 3 échantillons qu’il aura lui même pré sélectionné suivant les critères souhaités d’Hubert…

De ces 3 échantillons, ce 2005 aura tapé dans l’œil de notre spécialiste et sera donc validé pour l’embouteillage.

Pour ce qui est de la transparence, tout est on ne peut plus clair : câge 22, fût n°4 millésime 2005 titrant 52%. Ne cherchez pas la mention AOC, pour une question de timing celui ci n’a pas été présenté au comité en charge de le valider mais bon, ça reste un trois rivières. Je ne pense pas qu’il y ait le moindre doute là dessus.

Fût Limousin: ex cognac pour un total de +-540 bouteilles de 70cl. 

Fait très rare voir unique, Hubert a réussi à leur arracher un design de l’étiquette et de la boîte personnalisé… Et cela rend hyper bien (voir photo en tête d’article) !

Couleur: acajou vieux meuble. Vraiment très gras

Sample d’après embouteillage

Nez: doux, chaud, opulent.

Un beau boisé ‘3R’ où s’entremêlent le bois, la cire et l’ eucalyptus. Les fruits sont chauds, cuits avec de l’orange sanguine, de l’abricot, de la pomme, la banane et ananas rôti.

Les épices sont bien entendu présentes avec le curry, la muscade, clous de girofle, le vanille, le poivre et la réglisse.

Le boîte à cigares et les fruits secs sont de la partie aussi avec la noix. Un côté cigarette froide passe de temps en temps. Le côté végétal est aussi présent avec les cônes de pin et une légère sève.

L’ alcool est très bien intégré, aucune violence dans ce jus. C’est très ample et généreux…  A laisser respirer car plus le temps avance, plus le rhum s’ouvrira à vous.

Bouche: Le fût limousin a marqué ce rhum de son empreinte. Le bois avec une légère amertume qui fera penser a un bon gros morceau de chocolat noir est directement détectable.

L’entrée en bouche est plus vive que ce que le nez ne laissait présager, plein de peps. La bouche est lourde, sur un côté poudre chocolatée, vanillée et le café. C’est très gourmand. Ce rhum a limite un côté vieux Sherry sans être exagéré.

On est pas loin d’un hse 2007 small batch mais avec plus de répondant, plus de force et de complexité.

L’orange sanguine est de nouveau de la partie avec l’eucalyptus et apportent une fraîcheur à l’ensemble.

Prix: pas encore connu mais on devrait tourner dans les 110€ je pense… A confirmer.

Conclusion: Ce rhum présente deux aspects qui pourraient venir du fût utilisé.

Le nez est très fruité et le côté rancio du cognac marque vraiment de son empreinte ce rhum.

D’un autre côté, la bouche est plus typée bois avec le fût de limousin et apporte une touche plus rugueuse tout en restant d’une gourmandise incroyable.

Une chose est sure, laissez respirer ce rhum, il n’en deviendra que plus généreux tant il y a de la complexité dans ce jus.

Perso j’ai adoré ce rhum et bien vite sa sortie officielle courant décembre 2018.

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