Planteray Hogo Monsta

Hogo Monsta est un rhum volontairement radical, présenté comme le rhum à la plus forte concentration d’esters jamais proposé au grand public. Élaboré à la West Indies Rum Distillery, à la Barbade, il met en lumière un style de distillation bien précis ainsi qu’une très longue fermentation. Le genre de profil qui est utilisé avec parcimonie par les maîtres assembleurs pour apporter puissance et profondeur aux assemblages, est maintenant disponible « pour la science » auprès du grand public, en quantité limitée.

Pensé avant tout comme un outil destiné aux bartenders, aux geeks et aux professionnels des spiritueux, Hogo Monsta, se présente comme un hommage assumé aux traditions anciennes du rhum, fermentations longues, levures sauvages et distillations complexes, réinterprétées dans une création contemporaine, produite en série très limitée et réservée normalement à ceux qui en comprennent pleinement la nature et l’usage.

Car ce genre de choses si extrême n’est évidemment pas prévu à la base pour être un produit de consomation classique. On parle tout de même d’un rhum présentant un taux d’esters de 2029 g/hL d’alcool ! Pour donner un ordre d’idée, un Hampden DOK tourne autour de ± 1550 g/hL… et le truc est déjà bien barré 😅Ici, c’est plus pour la science ou les coktails…

La consomation pure de ce produit n’est pas plus dangeureuse qu’un alcool classique je pense, mais sa concentration aromatique peut en débousoller plus d’un… dont probablement moi 🙂

Pour faire très simple, car je ne suis pas chimiste, l’estérification est une réaction entre les acides et l’alcool qui crée des esters, responsables des arômes fruités et gourmands. En gros, plus elle est poussée (fermentation longue, vieillissement), plus le rhum est expressif et aromatique.

Ces acides proviennent surtout de la fermentation : les levures et bactéries transforment les sucres de la mélasse ou du jus de canne en alcool et en acides. Le type de matière première, la durée de fermentation et la présence de bactéries (dunder, vinasses) influencent fortement leur formation.

La concentration en esters est généralement exprimée en grammes d’esters par hectolitre d’alcool pur. Plus c’est haut, plus ça « fouette »…. et ici, 2029 c’est pas haut, c’est très très haut 🙂

Pour l’aspect technique, nous sommes sur une 1e distillation dans le John Dore #88 et deuxième distillation dans le Old Gregg, avec de la mélasse qui aura fermenté longtemps à l’air libre… et pour avoir vu et senti tout cela sur place lors de mon voyage à la Barbade, je peux vous dire qui ça puait vraiment très bon ! Voici d’ailleurs quelques photos des différents intervenants de ce rhum, prises sur place lors de ce voyage.

Le tout vieilli quelques mois sur l’île.

Nez

Le nez est assez crémeux, étrangement doux aux regard des 56 watts de la chose, avec évidemment énormément d’arômes allant des solvants aux fruits tropicaux trop murs avec la banane, les ananas rôtis en passant par le fumé, le massepain cru, la colle patex jaune, de vernis, de saumure, de cuir, d’olives et d’embruns marins,

C’est évidemment hyper typé « High Esters », avec une touche de vanille, de crème brûlée en plus je dirais… mais oui, l’acidité est bien présente et ce rhum ne saurait mentir sur ses origines bien fermentées.

Mais « ça va », ça pue dans toute la maison mais ça pue plutôt bon 🙂

Bouche

La bouche est plus synthétique que le nez, c’est assez sec sur la réglisse, des notes légèrement boisées et fumées pour ensuite nous proposer la colle, la cire de bougie, des notes plus beurrées et briochées avec un voile saumuré parfumé au embruns marins.

La rétro olfaction nous offre un gros ananas bien acide ainsi que de la fraise tagada avec quelques notes plus fumées, l’alcool est plutôt bien intégré est ne pose pas trop de problèmes mais la finale est étrangement courte.

Prix

36€ (20cl)

Conclusion

Autant le nez m’a agréablement surpris que la bouche m’a un peu déçu avec son côté plus synthétique et assez courte. Après, je ne suis clairement pas fan de ce genre de profils, mais pour la science c’est toujours intéressant. Les fans devraient y trouver leur compte.

Il faudra que je test en cocktail, mais je suis une quille pour ça 🙂

Score

84/100

Plus/moins

On aimeOn aime moins
– C’est très beau
– Le format 20cl
– Le nez, assez sexy et fruité


– La bouche moins fruitée que je ne l’aurais imaginé.
– Bien trop extrême pour moi… après c’est le but de la chose.
– Impossibilité de boire ça en cachette 🙂

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