Paille Hardy, le match !

Aujourd’hui, match entre deux références d’une même distillerie…. La distillerie Hardy en Martinique et ses deux rhums agricoles “paille”.

Vieillis 2 ans en foudre de chêne (énorme tonneau, donc moins de contact avec le bois), ces deux rhums ne sont donc pas encore assez âgés que pour porter la mention “rhum vieux”. Et encore, pour cela ils auraient dû être vieillis dans des fûts de moins de 650 litres.

Ils sont donc nommés ainsi en raison de leur couleur rappelant la paille. Simple et efficace, pas comme les marks chez Demerara Distillers 🙂

Pour la petite présentation de la distillerie, ça ira assez vite car celle ci n’existe plus.

Elle se résume donc pour le moment à une boutique “souvenirs” où on y trouve des essuies de plages, des pins, des casquettes etc et les références des rhums Hardy. A côté, les ruines de l’ancienne distillerie.

Pour infos, la boutique se trouve juste en face d’une superbe plage, ce qui explique le côté très touristique de celle ci.

La rhumerie existait depuis 1830 et aurait cessé toute activitée en 1993.

 

Le jus est produit depuis chez Saint James à partir de la recette des rhums Hardy et sous le contrôle de Mr Hardy Himself (Jean Claude en fait). [Mode légende ON]

Et si il y match, c’est parce que il existe deux versions de ce paille. Une réservée à la grande distribution titrant 45% et une autre vendue exclusivement à cette boutique à 50%.

Ayant eu la chance de m’y rendre, l’envie de comparer était donc trop grande. Et puis il est 11h30, l’apéro m’appelle en ce dimanche 🙂

Version “Grande distribution” 45%

Couleur: ben paille… plutôt clair en fait, beaucoup plus que la version avec 5 watts de plus. On est vraiment sur un rhum blanc légèrement coloré. Le liquide est assez gras.

Nez: assez végétal sur la canne forcément, une petite pointe de vanille vient arrondir l’ensemble.

Les fruits sont présents de manière discrète (agrumes, sur le citron) et j’y trouve un petit quelque chose qui évoque des fleurs séchées… me demandez pas lesquelles, aucune idée mais ça me fait penser clairement à ça.

Un aspect plus terreux se fait sentir aussi et n’est pas sans rappeler un neisson blanc bio, sur cet aspect là en tous cas.

Un nez donc très frais, sans agressions.

Bouche: douce, sur la canne, les végétaux, la vanille, les fruits à chaire blanche. Ca se boit avec une facilité déconcertante, ça passe tout seul.

L’aspect terreux est toujours présent mais ne me gène pas du tout. La longueur est assez impressionnante.

Pratiquement aucune traces de bois, ce qui parait plutôt logique vu l’élevage en foudre.

La version grande distribution Vs la version Martinique

 

Version “Martinique” 50%

Couleur: Beaucoup plus prononcée du à une dilution moindre j’imagine. Nous sommes plus sur le miel doré en fait et le liquide est plus gras que la version 45%

Nez: Plus chaud et prononcé. La canne est toujours bien présente mais on y retrouve des notes plus chaudes, plus parfumées et plus complexes.

Cette version boostée fait apparaître des notes plus caramélisées que l’autre version n’a pas. Elle semble aussi avoir du coup plus de corps, de présence et l’aspect terreux n’est plus de la partie

Bouche: douce, sur la canne, le caramel, les épices fines (loin de la grosses muscade d’un saint James mais y’en a quand même). Cette version est vraiment plus gourmande, tirant carrément sur le toffee.

C’est d’une rondeur, c’est magique.

A noter le côté hyper artisanal de la chose, ma bouteille a été remplie à la boutique et étiquetée par Mr Hardy devant moi avec son pinceau et son pot de colle. La mention 70 cl barrée et le “1 L” ajouté au bic 🙂

Avec du caviar de citron, du sucre de canne et un beau glaçon (oui, il fait chaud), ça devient une tuerie sans nom même si il se suffit à lui même.

Conclusion: deux rhums authentiques et assez bluffants… la version Martinique est vraiment magique, je râle j’aurais vraiment du en prendre deux ! Surtout que cette version est vendue sur place pour la somme de 7€ le litre 🙂

Que ce soit pur ou en ti punch, ces deux pailles font remarquablement bien le travail et aident à redescendre sur terre quand on voit certains rhums vendus à prix d’or.

Préférence pour la version 50% qui est vraiment phénoménale en rapport à son tout petit prix.

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