Domaine d’Aurensan – Armagnac « Les 10 » 

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un nouveau domaine d’armagnac (nouveau pour moi bien entendu): le Domaine d’Aurensan. Et pas avec n’importe quelle bouteille. Ici, on parle d’un assemblage réunissant les 10 cépages autorisés par l’appellation Armagnac. Oui, les dix. Ni plus ni moins. Une démarche assez rare pour être soulignée, et à ma connaissance unique.

On est clairement dans un esprit un peu “savants fous”, dans la lignée de ce que peuvent proposer les copains de Ladevèze. Forcément, ma curiosité a été piquée au vif. Résultat: une quille achetée à l’aveugle, sans rien connaître d’eux. Parfois, il faut savoir faire confiance à l’instinct…

Propriétaires récoltants depuis la fin du XIXe siècle, ils sont installés au Domaine d’Aurensan, en Ténarèze. Leur vignoble familial s’étend sur un peu plus de 8 hectares de sols argilo-calcaires.

La vigne est travaillée tout au long de l’année avec attention, notamment lors de la taille, afin de garantir la qualité des vendanges et la longévité des ceps. Les raisins sont récoltés à maturité adaptée à la distillation, avec une belle acidité et peu de sucre. La vinification est naturelle, sans ajout de soufre ni de levures.

Le vieillissement se fait lentement dans des chais humides, en pièces traditionnelles de 420 litres fabriquées à partir des chênes de la propriété. La mise en bouteille est réalisée à la main, à la commande et sans filtration. La date indiquée sur la bouteille correspond à l’arrêt du vieillissement.

Attachés à l’histoire de l’Armagnac, ils s’intéressent également aux anciens cépages autorisés par l’AOC de 1936, dont certains ont presque disparu, afin de retrouver une plus grande richesse aromatique.

Entre 2014 et 2016, 1,5 hectare de « 6 cépages fantômes » ont été plantés avec l’aide d’Olivier Yobrégat de l’IFV Sud-Ouest. Selon lui, ce producteur est le seul à avoir remis en culture ces six variétés pour la distillation. Caroline Rozes note que les cépages se développent bien, malgré des rendements plus faibles que le l’ugni blanc : la parcelle vise environ 60 hl/ha, contre 120 hl/ha habituellement, et tourne actuellement autour de 50 hl/ha.

Leur signature repose sur le principe du « Triple Zéro »: zéro réduction, zéro sucre, zéro colorant. Des Armagnacs sans artifice, qui expriment pleinement le travail de la vigne et de l’élevage.

Enfin, leurs assemblages ne cherchent pas à reproduire un goût standard. Chaque lot est identifié et tracé, et lorsqu’il est terminé, un nouvel assemblage est créé, différent du précédent.

Dans cette cuvée, on convoque tout le casting au grand complet :

Les six cépages dits « fantômes », Plant de graisse, Meslier St François, Mauzac blanc, Mauzac rosé, Clairette de Gascogne et Jurançon blanc, viennent dialoguer avec les quatre piliers historiques de l’appellation : Ugni-blanc, Colombard, Baco et Folle blanche.

Le plus jeune des composants est issu de la distillation 2018, correspondant aux cépages fantômes. Ils sont ici mariés à des eaux-de-vie provenant des cépages classiques, âgées d’une quinzaine d’années. Une rencontre entre mémoire et tradition quelque part. Le tout titrant 43.9% d’alcool, sans réduction.

Nez

Très élégant, laqué et gourmand… on sent directement une belle concentration où se mêlent fruits confits et arômes plus boisés avec les agrumes confits, les fruits rouges sur du caramel et de belles traces torréfiées rappelant la mokatine, j’adore les mokatine !

Ce nez est vraiment complexe, parfumé avec quelques traces de pamplemousse rose, de cassis, d’oranges sanguines, de raisins secs et un côté assez végétal rappellant le pépin de raisin.

Le boisé est plutôt charmeur et gourmand, apportant son caramel réconfortant, des traces de chocolat, de tabac, de bois laqué et une fine réglisse.

Au-delà d’être très chouette, c’est assez « inhabituel » pour un armagnac… pas trop éloigné, mais on sent que « ici c’est pas comme les autres« , comme dirait Jamel🙂

Bouche

Les 43% sans réduction apportent une belle concentration en bouche aussi, et un plaisir de dégustation assez fou… c’est soyeux, vivant avec du peps et une grosse gourmandise, top !

Le caramel cuit rencontre à son tour les fruits confits avec pas mal d’agrumes encore, des pruneaux et autres raisins secs et ce côté végétal qui apporte une certaine fraicheur.

Du pamplemousse rose, de l’orangette, des fruits rouges comme le cassis couché sur un beau caramel légèrement salé, un subtil cuir, du tabac, du chocolat noir, des tanins torréfies et une superbe minéralité !

Prix

87€

Conclusion

Très fan de cet armagnac où toute la famille des cépages de l’AOC s’est retrouvé en bouteille… En plus, pour 87 balles, vous bénéficiez d’une bouteille unique en son genre et surtout, très chouette à déguster.

Belle découverte, pas si loin de ce que devait être le goût historique de l’Armagnac au final, bien vite la suite !

⚠ Attention, c’est particulièrement glouglou cette histoire 🙂

Score

91/100


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