David’s Rum remet le couvert avec un troisième chapitre de sa série “Sauvage”, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la formule commence à sérieusement faire ses preuves. Après des passages remarqués chez Bielle et ReimonenQ, tous deux particulièrement réussis et salués pour leur caractère bien trempé, la gamme poursuit son exploration avec une nouvelle escale.
Cette fois, nous serons encore en Guadeloupe, à Petit-Bourg, où la distillerie Carrère est mise à l’honneur. Cela semblant assez logique comme arrêt, Montebello étant une très belle distillerie avec des rhums que j’aime assez bien, comme le Zenga par exemple qui est pour moi une réussite exemplaire !
La distillerie Carrère, aujourd’hui mieux connue sous le nom de Montebello, tire son identité du quartier de Petit-Bourg où elle est implantée depuis 1930. Fondée par la famille Dolomie, elle adopte en 1975 le nom de Montebello, en clin d’œil à un lieu chargé d’histoire remontant au XIXe siècle et à une victoire napoléonienne.
Après des années compliquées, notamment durant la Seconde Guerre mondiale, la distillerie est reprise en 1966 par Jean Marsolle, qui entreprend de la relancer. Avec ses fils, il modernise progressivement l’outil de production tout en conservant un matériel ancien, parfois centenaire. Ce savant mélange entre tradition et évolution permet à Montebello de retrouver une belle dynamique et de s’imposer parmi les producteurs importants de Guadeloupe.
Aujourd’hui, la quatrième génération, représentée par Grégory et Dominique Marsolle, perpétue cet héritage. La distillerie continue d’évoluer en intégrant des pratiques plus durables, comme la valorisation de la bagasse pour produire de l’énergie. Avec une production d’environ 200 000 litres par an, Montebello reste fidèle à son ADN artisanal tout en regardant clairement vers l’avenir.

Nez
Nez très porté sur la canne, légèrement poivré, avec un fin caramel évoquant la mokatine, pour terminer sur une combinaison d’agrumes et une touche plus terreuse qui apporte un aspect rustique à l’ensemble.
Les presque 70 % d’alcool ne semblent pas trop présents au nez, ce qui est plutôt étonnant. On a presque l’impression d’un profil crémeux, brioché, presque gourmand, avec une belle sucrosité.
Les agrumes sont légèrement confits, avec une fine pointe de chocolat et de café torréfié… J’aime assez bien cela, même si je pense que la suite risque d’être nettement plus brutale.
Bouche
De fait, ça chauffe assez bien là-dedans… trop, en fait. Dès que ça effleure le palais, ça réveille immédiatement et ça arrache une petite grimace, presque réflexe.
Ensuite, on retrouve un profil très végétal autour de la canne à sucre, avec quelques épices dont le poivre blanc, ce côté terreux encore, limite sous-bois, pour ensuite revenir sur le caramel et la mokatine…
C’est un peu dommage que ça claque autant en bouche, car les arômes sont plutôt agréables, mais ça cogne vraiment trop pour moi.
Prix
+-75€ (50cl)
Conclusion
Bon, celui-ci porte sacrément bien son nom… on est clairement sur un rhum au caractère très sauvage, presque indompté. Il y a une vraie identité, une matière première qui semble qualitative et bien travaillée, ça ne fait aucun doute. On sent qu’il y a un truc, mais à mon sens, l’ensemble est trop déséquilibré cette fois-ci.
Personnellement, je l’aurais appelé « Brutal » celui-là 🙂
Dommage.
Score
81/100
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Oui je sais, c’est con 🙂

