Lors de mon premier voyage en terre d’Armagnac, nous nous étions juré de revenir pour une seconde escapade, afin de poursuivre la découverte de ces magnifiques contrées mêlant paysages ruraux, vignes et villages où le temps semble s’être arrêté… Et voilà qu’à peine quelques mois suffisent à tenir cette promesse, une rapidité qui, je l’avoue, m’a assez pris par surprise.
Car quand on reçoit une proposition telle que celle du domaine Hontambère, il est difficile de refuser… L’idée initiale de cette nouvelle tournée est de participer à la distillation au château, entourés d’autres amateurs, et de profiter d’un délicieux repas en accord mets et armagnac.
C’est donc cette fois-ci accompagné de trois camarades venus du plat pays, plus précisément de la principauté de Liège que je décolle ce jeudi 29 pour rejoindre Bordeaux…. Joël n’ayant malheureusement pas la possibilité de faire le déplacement pour une question d’agenda.
Concernant le programme, hormis forcément Hontambère vu qu’il s’agit des instigateurs de la tournée, nous retournons voir Ladeveze car je tenais absolument à le faire découvrir à mes potes. Ensuite nous irons visiter deux nouveaux domaines que j’apprécie assez bien, sans jamais les avoir rencontré: Poutëou et Danis !
Bref, on peut dire que c’est pas mal comme programme… Et bien entendu, je vois déjà pas mal d’autres noms pour la Part III 🙂

Hontambère
Première étape du périple, la jeune maison Hontambère à propos de laquelle on a déjà assez bien parlé ici, je vous invite donc à relire la partie I où j’évoquais un peu plus le domaine niveau histoire et principes.
Le but de cette visite était principalement de nous faire découvrir la distillation chez Hontambère, le tout accompagné d’un très chouette souper accord mets/armagnac. Arrivés sur place vers midi, nous sommes accueillis par Cindy, Sylvain et Régis qui est leur Brand Ambassador et qui sera chargé de nous faire découvrir ces fameux accords.
La glace aura été assez facile à briser de mon côté, connaissant déjà l’équipe sur place mais nous avons tout de même pris le temps de se présenter car mes 3 confrères du jour ne connaissaient pas trop le domaine. Ensuite, une petite collation et nous sommes partis pour découvrir les samples proposés pour des embouteillages. On en reparlera assez vite 😁




L’idée étant de faire découvrir les spécificités des différents cépages, nous avons donc fait cette dégustation cépages par cépages afin d’en détecter toutes les nuances. Exercice plutôt fort sympathique bien entendu…
Ensuite, petit passage dans les stocks de Hontambère actuels afin de visiter les installations et… ben ouvrir deux/trois références « au hasard » 😁.




Et dans ce stock des productions actuelles, nous sommes encore tombés sur de très belles choses.
Pour la suite de la dégustation, c’est dans le vieux stock Pouchégu que cela va se passer, avec le passage en revue de quelques échantillons prévus plus quelques ouvertures à même le fût….





Après toutes ces très belles dégustations de vieux armagnac, il est l’heure de retrouver le reste de la troupe afin d’aller voir comme se passe la distillation actuelle, cépage Baco.
Ce sera donc une nouvelle visite des magnifiques installations comprenant de très belles cuves pour les vins, un pressoir à air ultra moderne et LA pièce maîtresse: un vieil alambic centenaire aux couleurs cuivre/bleu d’Hontambère.
Et ici, on distille relativement tard cette année,et seulement deux cépages qui seront Baco et Folle Blanche. La distillation se fait à partir des vins qui restent bien entendu séparés, on n’assemble pas les cépages donc. Nous avons d’ailleurs eu l’occasion de déguster ces deux vins, cela m’a fait penser, dans l’esprit en tous cas, à une gueuze. Quelque chose d’assez oxydé et très minéral. Perso j’ai bien aimé.






La distillation se fait assez haut chez Hontambère, entre 60 et 65 % d’alcool, pour donner niassance à de fines eaux-de-vie qui seront ensuite placés en barriques pour l’élevage ou en cuve pour les prochaines blanches du domaine.
Enfin, nous pouvons bien entendu pu plonger notre verre en dessous de la sortie d’alambic pour déguster ce Baco distillé et voir ce qu’il donne, brut d’alambic… et bien ça claque, ça chauffe mais c’est super bon !





La fin de soirée nous permettra d’encore déguster certains vieux millésimes, un célèbre Ti Gascon et de surtout passer une très belle soirée entre passionnés de belles choses !
Encore merci pour l’accueil formidable et cette journée impeccable…. Place à une bonne nuit de sommeil pour la deuxième destination du périple !

Poutëou
Réveil assez facile le lendemain, on se trouve un petit ravitaillement pour le déjeuner et direction la route de Tachouzin à Lannemaignan pour rencontrer Marion du domaine Poutëou !
La famille Tarbe, c’est un peu l’âme vivante du Domaine de Poutëou. Ils sont implantés depuis plusieurs générations dans le village de Lannemaignan, au cœur du Bas‑Armagnac, où ils cultivent, distillent et élèvent leurs Armagnacs avec une constance digne d’un roman gascon : cinq générations de passion pour la vigne et l’eau‑de‑vie façonnent aujourd’hui encore chaque bouteille.
Des deux cépages qu’ils cultivent, la Folle Blanche et la Baco, la famille Tarbe produit des vins, des Flocs de Gascogne ainsi que des vieux armagnacs et des blanche d’Armagnac avec leur propre alambic !




Arrivé sur place, nous tombons directement sur l’imposante bâtisse qui orne bien les étiquettes des vieux armagnacs de la maison, je garde d’ailleurs encore le très bon souvenir du millésime 1984 que nous avions découvert lors de leur passage chez Corman Collins avec Mika de la cave Saint Seurin à Bordeaux.
Et bien entendu, quoi de mieux comme entrée en matière qu’un floc de Gascogne, une variante du pinneau en mode Gascon. On laisse le jus de raisin évoluer et le mélange avec de l’armagnac afin de stopper/empêcher sa fermentation… Cela donne une boisson assez fraîche et agréable.
Ensuite, passage dans le vieux chais afin d’aller voir ce qu’il s’y passe… et c’est tout bonnement superbe, j’adore ce genre d’atmosphère où le temps semble s’être arrêté !





De retour dans la salle principale, Marion nous propose le plus simplement du monde de déguster ce que nous souhaitons dans ce qui est de disponible… Et là, nous aurons encore eu de très belles surprises autant niveau vieux millésimes comme les excellents 1981-1984, les grosses vieilleries comme le 1969 et même les plus jeunes … bref, un très beau domaine à clairement aller rendre visite quand vous êtes dans le coin. Ils permettent aussi d’assisiter à la distillation.





Enorme merci, encore une fois, pour le très chouette accueil… de notre côté, nous profitons de la boutique pour repartir avec un millésime 1981, deux millésimes 1984 ainsi qu’une « Esteleta de Poutëou », un vin blanc gascon 😋

Ladeveze
Après un rapide repas sur le pouce, direction la Ténareze toute proche pour aller rencontre Alexandre Ladevèze ! Il s’agit de la deuxième fois que j’y allais, mais je tenais absolument à faire découvrir cet authentique domaine à mes confrères de voyage.
Dans les collines de Ténarèze, la famille Ladevèze continue l’aventure de l’Armagnac. Alexandre et Manon, cinquième génération, s’occupent d’un vignoble où chaque cépage a son histoire. Leur but n’est pas juste de garder l’héritage, mais de redonner vie à dix cépages anciens, certains presque oubliés. En les remettant en culture, ils font ressortir des parfums variés et profonds et surtout, ils font en sorte de préserver la présence de ces vieux cépages dans l’AOC Armagnac.
Ils travaillent en bio et respectent le rythme des saisons. Entre les vignes anciennes, sur des terroirs différents, ils s’amusent à comprendre les arômes. Alexandre a même mis en place une sorte de « bibliothèque » pour identifier et mettre en valeur les fragrances de chaque cépage.
Leur travail précis niveau culture associé à la méticulosité de distillation par Patrick Michalouski donnent des Armagnacs uniques. Chaque bouteille reflète le terroir et le cépage, en mêlant traditions et approche personnelle. C’est ce mélange simple de passé et de curiosité qui marque leur style.





Et l’une des idées que j’avais derrière la tête était bien entendu de continuer à découvrir quelques cépages oubliés, nottament en version « Blanche », ou plutôt eau-de-vie comme Alexandre aime bien les nommer.
Du coup, nous avons eu l’honneur de pouvoir découvrir une Blanche à base de « Plant de graisse » et « Folle Blanche » entre autres…L’accueil d’Alexandre est vraiment unique, mélangeant un côté savant-fou, rustique et surtout 100% authentique.
Le courant est immédiatement passé entre nous, Alexandre se souvenant même de moi pour la « co-découverte » d’un armagnac aux curieuses senteurs de fraises dans ses chais…. bref, la connexion aura été très rapide et nous sommes passés rapidement en mode « free style » où nous avions le droit de demander à déguster tout ce qui nous intéressait.





Chaque fût est réellement unique, chaque cépage apporte quelque chose de différent et la magie opère à chaque fois… et chose incroyable, l’humilité d’Alexandre n’est jamais remise en question. Il commence fort par un tonitruant « Ho vous savez, moi je fais rien hein…c’est la vigne qui fait tout » pour ensuite s’entendre dire au détour d’une dégustation un « boh, pas une grande réussite ça hein ? »
Bref, j’adore ce genre de personnage si rare où toute discussion, même anodine, devient un réel échange entre passionnés.





Enfin, nous terminons la visite du chais principal en montant à l’autre étage déguster de très jeunes eaux-de-vie que j’aurais tendance à qualifier de stratosphérique tellement tout y est. Fraîcheur, terroir, gourmandise et accessibilité même à haut degré. vraiment incroyable comme moment.
Terminées ces « deux-trois » dégustations, Alexandre nous propose de passer dans sa réserve personnelle, pour y déguster entre autre le fameux « fût fraise » qui m’avait tant scotché en juin passé..




Là se trouve de plus vieilles eau-de-vie dont la superbe Plant de graisse 2004 sélectionnée par les copains de Row Spirit… l’occasion rare d’y replonger les lèvres. Mais nous aurons aussi droit à des vieux millésimes ainsi qu’un Ugni Blanc du millésime 2009 qui goûte toujours la fraise…. oui, on ne sait toujours pas se l’expliquer, cela ne vient pas de la distillation vu que les fûts frères n’ont pas ce côté. Bref, c’est génial, et bon surtout 🙂
Que dire, hormis un énorme merci… l’accueil gascon, c’est quelque chose les amis en tous cas !

Danis
Dernier jour, réveil un rien plus laborieux vu la passion que j’ai mis à découvrir les armagnacs d’ Alexandre et Manon Ladeveze, nous faisons nos bagages pour rentrer dans notre plat pays qui est le nôtre, mais avant ça…. une dernière visite pardi !
Et celle-ci se fera au domaine de Danis, que j’aime assez bien vu la délicatesse de leurs productions. Direction donc route de Danis à Castelnau d’Auzan Labarrère, vraiment tout près de chez Hontambère en fait.
Le Domaine de Danis est une pépite familiale nichée au cœur du Gers, en Armagnac, où histoire et terroir se tissent depuis des siècles sous le pas des Piquemal. Sur près de 38 hectares de vignes blanches, Vincent et Victoire ont fait de ce domaine un lieu de passion et de constance, produisant à la fois des vins blancs Côtes de Gascogne délicats et expressifs et des Armagnacs d’une élégance rare. Ici, chaque cuvée raconte la terre gasconne et le goût authentique d’un savoir-faire transmis de génération en génération.
Ce qui fait vibrer Danis, c’est cette obsession pour le cépage Folle Blanche dans l’élaboration des eaux-de-vie, un raisin que le domaine met à l’honneur depuis 1982 pour ses Armagnacs si singuliers. Pas d’alambic fixe, mais la tradition vivante d’un distillateur mobile qui arrive chaque année sur place, pour façonner des eaux-de-vie distillées à « faible » degré d’alcool au bois et élevées en fûts, certaines pièces approchant les 45 ans d’âge.
Résultat ? Des Armagnacs non dilués, polis par le temps dans des chais humides et secs, où patience rime avec élégance et profondeur.





Et une fois arrivé sur place, superbe surprise, Victoire nous propose de déguster une Blanche de chez Danis…. on est là de pas moins de 10 minutes que nous avons déjà une exclusivité 🥳 Et bien pour le spoil, c’est très bon 🙂
Ensuite, nous passons en revue quelques millésimes des années 2000 aux années ’80 en passant par les 70’s et 90’s… Et confirmer tout le bien que nous pensons de ce très beau domaine !





Le millésime 1986 est toujours aussi waw, un vieux de 1975 est hyper frais et agréable..bref, leur travail est toujours aussi impeccable, mais malheureusement le temps presse si on ne veut pas foirer notre retour.
Comme pour les autres domaines, c’est encore une fois la gentillesse, l’humilité et la passion qui aura marqué cette superbe visite !
Bien vite le Part III !
N’hésitez pas à aller checker la page de Arcore Germany, il a été visiter énormément de domaine, dont ceux-ci et c’est vraiment super bien fait !

