Décidément, Port Mourant est à la mode ces derniers temps sur le blog… Ayant toujours eu du mal avec ces profils très amers venant de ce vénérable alambic, je suis assez heureux de vous parler de certaines références ayant pour moi une classe et une élégance rare….Port Mourant, c’est tout de même un sacré morceau d’histoire !

Cette fois-ci, ce sera via une autre sélection « The Rum Mercenary » que je serai épaté avec ce millésime 2005, très porté sur les fruits et le toasté.

Un peu d’histoire

Je vous parle souvent de Port Mourant, mais d’où cela provient-il ? Et pourquoi pas mal de rums de Guyana peuvent être des Port Mourant même quand il est indiqué Uitvlugt ou Diamond sur la bouteille ?

Si on se réfère à l’immense article de Barrel Aged Mind, on peut y lire que Port Mourant était une ancienne plantation et distillerie fondée par Stephen Mourant sur la côte Est du fleuve Berbice au Guyana.

Établi en 1732, cette plantation était principalement axée sur le coton en fait. La création même de la distillerie n’est pas claire, étant donné que seul le coton était cultivé le long du fleuve Berbice et donc du coup, la distillation de mélasse voisine était impossible.

Les premières traces de récoltes sucrières à Port Mourant ne dateraient qu’ entre 1813 et 1836. Selon Marko, la distillerie a donc dû être établie durant cette période même si l’alambic daterait de bien avant, et aurait été racheté par Stephen Mourant à une autre plantation.

Concernant l’alambic, c’était un Pot still double en bois venant de la région, du Greenhart. Les alambics à proprement parler viendraient d’Angleterre et la date 1732 semble revenir souvent, le bois étant lui remplacé à intervalles réguliers, et j’imagine pouvant grandement jouer sur le résultat final au fil du temps.

La distillerie aura, comme toutes les distilleries au Guyana à cette époque, produit essentiellement du rum pour l’envoi en Angleterre et la fabrication entre autres du Navy Rum. La recette ayant souvent été modifiée suivant les goûts et humeurs du moment.

La distillerie Port Mourant aurait apparemment été désaffectée entre 1954 et 1958. L’alambic aurait ensuite été démonté et remonté à la distillerie voisine, Albion jusqu’à la fermeture de cette dernière entre 1967 et 1969.

Ensuite c’est vers Uitvlugt, qui était la principale distillerie du groupe Booker, que l’alambic fut déménagé et ce jusqu’en 1999 pour maintenant être chez Diamond Distillery.

Ce qui explique donc pourquoi certains Utilvlugt, 1991 et 1997 notamment, soient des Port Mourant… Et des Diamond de 2003 ou 2005 pourraient bien entendu en être aussi même si cela n’est évidemment pas automatique.

Les principaux marks « officiels » de cet alambic sont PM, MPM, UPM … mêmes si d’autre comme GM sont utilisés par le brokers en Europe.

Donc voilà, bien entendu il ne s’agit ici que d’un léger résumé de l’énorme travail de Marco Freyer, je n’ai évidemment pas la prétention d’avoir fait quoi que ce soit hormis retranscrire 🙂

Port Mourant 2005

Distillé donc en 2005 chez Albion…. non je déconne, je voulais juste voir qui suivait un peu.

Je disais donc, distillé en 2005 chez Diamond Distillery avec l’alambic Port Mourant, ce rhum titre 48.5% et a été sélectionné et mis en bouteille par The Rum Mercenary en 2018. Celui-ci est donc âgé donc de 13 ans en Europe probablement.

Aucune mention du nombre de bouteilles ou encore du marks. Scandale !! 🙂

Couleur

Vin blanc.

Nez

Un nez très beurré, fruité (pomme /poire/quetch ), gras, gourmand avec un côté colle pritt, bois, olives, pâte d’amande, poivre blanc et légère amertume typique des Port Mourant.

Très fin et élégant, les 48% sont plutôt bien intégrés. Très beau nez !

Bouche

En bouche c’est très doux, fruité, pâtissier malgré cette amertume dont je suis moins fan plus présente que sur le 2003 de masam par exemple.

Le boisé est présent aussi avec une touche de tabac et de bois humide mais sans que cela ne soit de trop. Ce jus d’être très classe et agréable à déguster.

La finale est toastée, grillée et arrivant après cette amertume, ça sauve le truc me concernant.

L’alcool est remarquablement fondu, rien à ajouter 🙂

Prix

69€

Conclusion

Quelle claque cette histoire, un tout grand Port Mourant peut-être moins complexe que sont aîné de 1997 sélectionné par Jürgen aussi mais grandement efficace et agréable.

Cela reste assez proche dans le profil, avec peut être un peu moins de présence réglissée et fruitée mais c’est vraiment une bouteille à avoir pour un prix imbattable !

Le boisé amère est sensiblement plus présent ici, mais soit je m’y fais soit c’est mieux intégré…dans tous les cas ce jus est remarquable.

Must Have !

Note

90/100

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